Klaus Schulze - En=Trance (rééd.)

24/07/2005

Par Aleksandr Lézy

Label: InsideOut Music

Site:

En 1988, Klaus Schulze, le « Pape » de la musique électronique, sort son vingt-troisième disque En=Trance qui avec ce jeu de mot peu subtil, reflète parfaitement l’état dans lequel l’auditeur peut se retrouver s’il mélange sa musique à des produits hautement déconseillés. Klaus Schulze fut un réel précurseur en matière de musique électronique, batteur de Tangerine Dream en 1969 sur Electronic Meditation ou fondateur de Ashra Temple en 1970, c’est en 1971 qu’il commence sa carrière solo à la discographie bien fournie. Avec les rééditions proposées par Inside Out, voici l’occasion de se remettre en tête sa musique et de faire le point sur ce qu’il en advient de nos jours.

Composé en seulement trois semaines, par Schulze seul et sans autre accompagnement que ses synthétiseurs, En=Trance sort à l’époque sous forme d’un double LP avec un morceau par face. Autant dire que les morceaux sont longs, en moyenne dix-sept minutes, et laissent le compositeur s’exprimer à loisir.

Klaus Schulze utilise uniquement des claviers analogiques et ses morceaux sont en définitif un thème de départ. Introduit par des ambiances, celui-ci sert de séquence répétée en boucle, l’étirant, la modulant en lui ajoutant des détails rythmiques ou bien mélodiques en couches successives. On retrouve alors cet esprit des musiques répétitives dévelopées par Terry Riley et Steve Reich dans la musique contemporaine, sur qui il a pris en partie modèle.

Musique purement instrumentale et ambiante, on en fait tour rapidement. Les ambiances sont à peu près semblables : étranges et futuristes, fluctuant entre le très lent et le « un peu plus vigoureux », comme sur « Velvet System », morceau le plus réussi des quatre. Les sons utilisés sont de type spatial et si, plutôt que de conseiller sa musique pour une écoute divertissante, on la proposait pour illustrer un film, elle conviendrait sûrement à merveille.

Le morceau bonus Elvish Sequencer, plus court et ne pouvant tenir sur les vinyls de l’époque, attire l’attention à la fin du disque par son coté moins abstrait et plus direct : mélodie mémorisable et catchy, ambiance sombre, rythme mid-tempo – plus rapide que le reste de l’album – il apparaît au final assez convaincant.

L’état de transe n’est pas atteint malgré toutes les conditions mises en oeuvre pour la bonne écoute du disque. La musique de Klaus Schulze n’a pas mal vieilli en terme de sonorités, mais en terme de composition. Précurseur d’un genre, sa musique demeure pourtant trop linéaire et ennuyeuse. La réédition rend cependant compte d’une bonne production et valorise la grande qualité des sons analogiques utilisés à l’époque.