Riverside - Out of Myself

21/02/2005

Par Justin Poolers

Label: Musea

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Dans le temps, en Pologne, on faisait dans la belle à cheveux couleur de blé, l’alcool de patate ou de grain et la relocalisation – contraire de délocalisation… Maintenant, mondialisation oblige, on fait aussi dans le progressif de qualité. Certes, rien ne sent la Pologne dans ce disque de Riverside, mais c’est pour mieux séduire l’oreille universelle !

Beau travail donc, que ce premier album façonné à la main par les quatre musiciens du groupe et sorti en France en 2004, un an après sa parution en Pologne. Le style pratiqué, s’il reste à être peaufiné, se veut même assez original, du moins dans les ingrédients qu’on y perçoit. Si on peut en effet retrouver des ambiances néo-progressives typiques de Marillion, cela ne s’arrête pas là : peu de temps après peut surgir un bouillonnement métallifère ou une longue progression. Le tout, même s’il reste quelques longueurs en fin d’album, est du coup assez varié et l’on ne s’ennuie pas. L’album est composé de neuf titres assez courts – si l’on excepte le premier : « The Same River » d’une durée de douze minutes – dont deux instrumentaux.

Entre Sylvan et Porcupine Tree, Pain of Salvation et Anathema, on n’a pas à faire à de la musique technique. Plutôt portés sur les ambiances (glauques), Riverside n’essaie pas de copier ses pairs. Les idées, intéressantes pour la plupart, demeurent personnelles et cela se sent. Nous sommes cependant face à de bons musiciens, et les mesures impaires et composées ne leur font pas peur, au point d’en user assez souvent. Seul le guitariste, possédant une technique de soliste relativement peu importante, pourra agacer par son manque de précision parfois. Pour les autres, la palme revient au chanteur/bassiste Mariusz Duda, à la voix tour à tour douce et très puissante (le titre « Out of myself »), toujours juste, et qui sait donner des émotions, en anglais et sans accent ! Dans le registre de Marco Glühmann, chanteur de Sylvan, il apparaît vraiment comme le point fort du groupe, bien épaulé par l’excellent batteur Piotr Kozieradski. Les claviers ont pour rôle principal d’appuyer les ambiances par des nappes assez convaincantes.

S’il ne s’agit pas de l’album le plus original, le mieux joué ou le mieux produit de l’année, ce Out of Myself arrive cependant comme une bonne surprise, qui s’écoute avec plaisir, et dévoile ses richesses au fur et à mesure, comme tout bon album de musique progressive. On peut souhaiter à ces Polonais un succès croissant, notamment pour leur deuxième album sur lequel ils travaillent actuellement.