Camel - Nude

05/12/2004

Par Pierre Graffin

Label: Decca

Site:

Qu’il soit dit ici que Camel est probablement le groupe le plus injustement inconnu et incompris de l’histoire du progressif. Nude est hélas, la plus illustre des démonstrations de cette flagrante injustice…

En dépit d’albums presque tous indispensables ce qui, sur une discographie aussi vaste est presque une gageure, et d’un guitariste tout simplement époustouflant – Andrew Latimer fait parfois presque passer Gilmour pour un amateur ! – le groupe n’a pourtant jamais réussi à dépasser une audience composée de mélomanes aussi rares qu’éclairés mais ô combien gâtés !

Inspiré d’un roman de Susan Hoover relatant les mésaventures d’un soldat japonais oublié sur une île du Pacifique sans savoir que la guerre est finie, cet album synthétise à lui seul toute l’étendue du talent de ses auteurs, entre plages mélodiques célestes et parties chantées. Un peu comme si Latimer et sa bande avaient, consciemment ou non, choisi le meilleur de ce dont ils étaient capables, pour le coucher sur les partitions d’un seul disque. Ainsi retrouve t’on les échos de « Nimrodel » de Mirage sur « The Homecoming » ou des ambiances de I Can See Your House From Here (« Wait ») au milieu de « City Life » ou de « Drafted ».

De « Drafted » à « Docks », on navigue sur cet album très aérien avec un plaisir rare. Les ambiances et les mélodies s’enchaînent avec une perfection presque énervante et l’ensemble donne un résultat d’une cohérence, d’une profondeur et d’une beauté que très peu d’albums peuvent se targuer d’offrir, mise en valeur par une production d’une grande justesse.
Seul bémol, Nude, album « testament » d’Andy Ward, est aussi somptueux que sa pochette est laide…