IZZ - I Move

30/09/2004

Par Djul

Label: Doone Records

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Déjà auteur d’un premier album à la réputation flatteuse, Sliver of A Sun, IZZ s’installe définitivement dans le paysage progressif américain en 2002 avec I Move. Le groupe mené par Tom Galgano, le chanteur / claviériste / producteur, propose une musique personnelle, en tout cas bien plus que nombre de groupes affiliés au genre, et cette fraîcheur évidente leur permet de s’extirper de la masse sans difficulté.

En bien des points, on peut comparer cet excellent album de soixante-treize minutes à The Light de Spock’s Beard : un progressif traditionnel mâtiné de pop et toujours efficace malgré une tendance naturelle à l’épique. Une différence de marque néanmoins : I Move exige beaucoup de l’auditeur et ne dévoile toutes ses qualités qu’après plusieurs écoutes attentives. La diversité des influences (Genesis, Yes, mais aussi Happy The Man ou les Beatles, voire 10cc) et l’aspect paradoxalement presque trop commercial de certains titres peuvent rebuter au premier abord. Mais ne pas persévérer serait une erreur : une fois les repères nécessaires pris, la finesse des arrangements se dévoile alors même que les morceaux gardent leur aspect accessible et parfois festif. De même, ce qui semble être une suite de chansons se révèle bien vite être un ensemble cohérent, mu par une vrai ligne directrice.
L’emploi d’une batterie programmée pourra irriter, et « Spinnin’ Round » et son rythme presque hip hop choqueront immédiatement le puriste. Cependant, si ce reproche ne s’efface pas au fil des écoutes, les arrangements sur ce titre (de nombreuses percussions) comme sur d’autres (« I Move » et ses rythmes qui s’empilent) font mieux passer la pilule. La voix de Tom Galgano est un autre point de comparaison avec Spock’s Beard et son désormais ancien chanteur, Neal Morse : usant des mêmes variations – une voix en générale un peu râpeuse, et quelques montées dans les aigus – il fait merveille sur certains morceaux comme la ballade douce amère « Another Door », ou aidé de quelques chœurs féminins, en passant par une évidente inspiration Lennon / Mac Cartney (« How It’s Great »).
N’oublions pas l’inévitable pavé que se doit de contenir un disque de progressif. Ici, c’est à « Coming Like Light » et ses douze minutes que reviennent de remplir cet office. Les influences totalement progressives s’y font plus évidentes : arpèges de piano à la ELP, cassures à la Crimson dernière période – du fait des percussions électroniques – et un passage vocaux/guitares très Yes. Ce titre, très bon, n’est pourtant pas le meilleur de l’album et de loin, malgré son excellent final, preuve du talent intrinsèque d’IZZ.

Seuls certains titres sont légèrement en deçà, comme le long « Star Evil Gnoma Su », ou le celtique « The Mists of Dalriada », qui prouvent que dès qu’il s’agit de verser dans l’instrumental pur et de délivrer une musique plus agressive, les New Yorkais perdent en facilité.

Doté d’une forte personnalité, qui lui permet de faire de sa versatilité un atout, IZZ est un vrai espoir de la scène progressive et mérite de sortir de son relatif anonymat, notamment européen. Cette musique ne ment pas, c’est évident, et devrait s’adresser à bien des amateurs.