Birdsongs of the Mesozoic - The Iridium Controversy

05/03/2004

Par Djul

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Près de vingt-cinq années d’existence et une dizaine d’albums au compteur pour Birdsongs of the Mesozoic (BOM), mais une reconnaissance qui reste aussi limitée que son nom est imprononçable ! Pourtant, ce quatuor à géométrie variable (quatre formations), mené par Ken Field (sax) et Erik Lindgren (claviers), possède un talent certain en matière de jazz barré et ludique dont Progressia s’était déjà fait l’écho dans le compte-rendu d’un de leurs concert à New York en 2001.
À la croisée du jazz, de la musique classique et du progressif, B.O.T.M. est proprement inclassable, malgré une patte immédiatement reconnaissable : dynamique, teintée d’électronique et de petits arrangements en fond sonore. Les instrumentistes savent faire parler leurs instruments comme personne.

The Iridium Controversy se démarque légèrement des albums précédents du groupe, qui semble enfin avoir trouvé son propre style, aux dépens de certaines exentricitées (entre autre des reprises de génériques d’émissions de télévision !). Plus posé, B.O.T.M. n’en reste pas moins très varié même si cette variété se trouve aujourd’hui sur l’ensemble de l’album et non plus au sein d’un même morceau. Ainsi, entre arrangements purement jazz (le lancinant « This Way Out »), extrêmement modernes (« Lost in the B-Zone » et sa rythmique jungle à la Projekts, impression renforcée par les guitares grinçantes de Michael Bierglo) ou proche de l’esthétique musique de film (l’inquiétant « Tectonic Melange »), ce nouvel album part dans bien des directions. Néanmoins l’identité du groupe subsiste de par son approche presque classique de la composition, quand bien même son sens de l’interprétation est subversif.
Cette démarche est encore plus proche du pur progressif sur la suite « The Iridium Controversy » ou sur « 100 years of Excellence » et sa richesse ahurissante (au chronomètre, un break toutes les vingt secondes en moyenne). Cette richesse et cette personnalité rappellent ce que Zappa a pu accomplir avec certaines de ses formations.

Si les Bostoniens évoluent aujourd’hui vers une musique moins surprenante et plus structurée, ils gagnent énormément en richesse et en beauté, d’autant que le disque bénéficie de la technologie HDCD, vrai bonheur d’audiophile. En outre, il faut noter que Roger Dean, qui illustre les pochettes de Yes, s’est occupé du disque. Voilà deux soucis du détail qui n’étonnent pas chez B.O.T.M., groupe à découvrir !