Glass Hammer - Shadowlands

04/01/2004

Par Djul

Label: Arion Records

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Glass Hammer nous avait offert à l’automne dernier, avec Lex Rex, un très bon album de progressif, certes particulièrement orthodoxe, mais suffisamment accrocheur et bien réalisé pour éclipser cette absence de modernité. Le duo américain, dans la boulimie qui le caractérise, conserve de justesse une cadence d’un disque par an en sortant Shadowlands juste avant la fin de l’année 2003. Ce qui permet de constater que sa méthode est efficace mais désormais quelque peu éventée.

« So close so Far », qui ouvre le bal est d’ailleurs assez symptomatique de l’ensemble du disque : un morceau qui peine à décoller, des influences (Yes ici, comme sur de nombreux autres passages) par trop évidentes, malgré d’excellents instants dont quatre splendides minutes de conclusion. On peut aussi déplorer que les chansons manquent de passages échevelés et, plus simplement, de charisme : le disque s’écoute avec plaisir, mais les refrains marquants et les petites incartades instrumentales manquent souvent à l’appel, en dehors de la notable exception qu’est « Run Lisette » avec Susie Bogdanowicz au chant, et les orgues qui renvoient la balle aux cordes.
Bref, alors que Glass Hammer pouvait jusqu’alors échapper à l’appellation pomp rock , il n’en est désormais plus très loin, de même que l’ennui de l’auditeur… Seul retient réellement l’attention le pavé « Behind the Great Beyond », avec son introduction baroque et sa subtile transition centrale faite de guitares acoustique, électroacoustique et synthétiseurs atmosphériques, avant de faire monter la pression à la manière de Kansas : assurément l’un des meilleurs titres du groupe, tous albums confondus.

Si on retrouve sur ce disque beaucoup ce que l’on peut attendre d’un disque de Glass Hammer, la qualité intrinsèque de ces derniers titres baisse, et l’absence de réelle originalité fait perdre, au final, beaucoup de son intérêt à Shadowlands. Souhaitons donc que les Américains se décideront à adopter des délais de livraison peut-être plus longs pour peaufiner des compositions aujourd’hui un cran en deçà que ce à quoi ils ont habitué leur public.