Poverty's No Crime - The Chemical Chaos

04/12/2003

Par Julien Negro

Label: InsideOut Music

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Avec cinq albums à son actif et huit ans d’existence, Poverty’s No Crime peut apparaître comme l’un des piliers de la scène metalo-progressive allemande. Ce constat ne s’est malheureusement jamais vérifié en ce qui concerne la qualité et surtout l’originalité de leurs disques, et ce malgré l’appui de l’écurie Inside Out depuis leur troisième disque, Slave to the mind, sorti en 1999. C’est depuis cette année d’ailleurs que le groupe a pris la décision de s’occuper personnellement de la production de ses albums qui, si elle n’a rien d’exceptionnel sur ce The chemical chaos (quelques passages instrumentaux sonnent un peu brouillon), n’en reste pas moins très actuelle et efficace.

C’est encouragé par une magnifique pochette que l’on démarre l’écoute. Le format des morceaux, entre quatre et neuf minutes, est relativement court pour un groupe de metal progressif typique. Mais ce n’est cependant qu’après une écoute attentive du disque que l’on en remerciera le groupe, car si certains passages témoignent d’une réelle volonté de se démarquer (« Walk into nowhere » et ses intonations résolument jazzy, « Do what you feel » et ses influences heavy), il semble que la formation ne se soit toujours pas décidée à travailler sa différence. La voix de Volker Walsemann, bien que n’ayant rien de véritablement choquant, reste très banale et n’apporte pas beaucoup aux compositions, et si des titres comme « Every kind of life » ou, encore une fois, le « Walk into nowhere » en ouverture sont fort sympathiques d’un point de vue musical, d’autres tel que l’instrumental « Terminal trip », versent d’avantage dans la parodie progressive avec ses sempiternels passages arabisants. Là encore, rien ne témoigne vraiment d’un mauvais goût particulier, mais il manque un petit quelque-chose aux compositions de The chemical chaos… Elles n’apportent finalement rien de neuf au répertoire du groupe.

Les inconditionnels du style trouveront peut-être de quoi se mettre sous la dent avec cet album, mais les autres préfèreront se tourner vers Bridge ou Flesh, les deux dernières productions d’Everon, qui se rapprochent en beaucoup de points de la musique de Poverty’s No Crime tout en témoignant de bien plus d’originalité. Voici donc un album qui, s’il n’est pas totalement oubliable, risque de passer très vite inaperçu.