Unoma - Croma

22/11/2003

Par Djul

Label: Musea

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Encore une sortie pour ce mois de novembre sous l’égide du prolifique label français Muséa. Unoma est en fait l’album solo du guitariste Fidel Vazquez, assisté par d’autres musiciens. Croma est essentiellement instrumental et axé, sans trop de surprises, sur la guitare pour un résultat que l’on peut hélas qualifier d’anodin.

Les cinq titres de cet album sont en effet bien trop lisses pour emporter l’adhésion. Si on ne peut qu’applaudir à la propension de Vazquez à laisser de la place aux autres instruments et à ne pas sombrer dans une technicité stérile, la qualité des compositions n’est pas au rendez-vous. Le titre éponyme est d’ailleurs symptomatique de cet état de fait, avec un tempo anesthésiant et des arpèges délicats mais pas révolutionnaires : le qualificatif de progressif ne peut y être accolé que parce que de timides nappes de claviers font leur apparition. Certaines compositions relèvent un peu le niveau, comme Black Hole, dont l’introduction à la Marillion trompera l’auditeur pour le mener à un final instrumental au cours duquel le groupe semble enfin se sortir de sa torpeur.

Les quelques idées originales qui parsèment le disque ne relèvent guère le niveau faute d’être exploitées, comme sur « The Bird », gâché par ses samples un peu cacophoniques, ou le bon essai non transformé qui consiste à confier la basse aux claviers sur « Magical Tour ». Quant à l’aspect mélodique du disque, particulièrement mis en avant, il laisse dubitatif par ses alignements de quatre ou cinq notes sans réelle personnalité. Finalement, ce n’est que lorsque Vazquez enclenche la pédale de distorsion qu’il tire l’auditeur du sommeil dans lequel il l’a plongé, pour trente à quarante secondes seulement, le guitariste revenant toujours très rapidement à un son clair. Même sur le dernier titre, de près d’un quart d’heure, Unoma n’attire pas l’attention, allongeant artificiellement la sauce, en particulier sur quelques moments que l’on n’hésitera pas à qualifier de variété, lorsque Alex Warner vient poser sa voix à la Joe Cocker. Le résultat est alors plus probant, mais toujours aussi peu original.

Ce disque, s’il a l’appellation et l’aspect du rock progressif, n’en a hélas aucune des saveurs, du fait de mélodies simplistes et surtout d’un manque constant de folie et de surprises.