Akacia - An Other Life

16/11/2003

Par Greg Filibert

Label: Musea

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Akacia pourrait être un groupe comme tant d’autres, si ce n’est que le quatuor est fervent adepte du christianisme ! Dieu est donc bel et bien à la mode en ce moment. Les Américains évoluent dans un white rock progressif (ou «christian progressive rock») très typé soixante-dix et c’est sans doute entre deux messes que ce « jeune » groupe, formé en 2001, sort son premier album, An Other Life, qui ruisselle d’eau bénite et de dévotion, tant en ce qui concerne la musique que les textes !

S’il est bien un groupe auquel on peut penser en écoutant Akacia, c’est Yes ! La voix d’Eric Naylor n’a rien à voir avec celle de Jon Anderson, mais les compositions du guitariste/claviériste Michael Tenenbaum, émule du saint-Père mais également de Steve Howe, créativité en moins, rappellent nettement ces pionniers, en particulier à leurs débuts. An Other Life ne recèle que quatre compositions, mais les titres sont d’une durée conséquente, allant de six à vingt-deux minutes, et c’est sans doute là que réside le problème : l’ennui pointe rapidement son nez ! La musique est bien exécutée, le chant d’Eric Naylor est plaisant et assez varié. La basse de Steve Stortz ronfle comme la Rickenbacker de Chris Squire, et se trouve bien supportée par la batterie très « carrée » de Doug Meadows. Quant aux claviers, ils sont de la veine d’un Rick Wakeman (Yes) ou d’un Keith Emerson (E.L.P.), avec quelques solos grandiloquents. Mais les compositions traînent véritablement trop en longueur, les mélodies ne sont pas assez percutantes pour que l’on puisse les mémoriser et les parties instrumentales sont peu attrayantes malgré des moments inspirés. Rien ne prend vraiment aux tripes : on aurait aimé de vraies envolées lyriques accrocheuses, des chœurs plus présents et travaillés, et des structures plus compactes privilégiant l’efficacité.
Tout n’est pas à jeter cependant, et un titre comme « Journal » montre que le groupe est tout à fait capable du meilleur et sait tirer parti de ses influences. D’ailleurs, la production s’est déroulée sous l’œil bienveillant du Créateur, puisque les musiciens ont enregistré l’album dans… leur église ! En résulte un son est typé années 70 mais de facture correcte dans l’ensemble.

Pour son baptême, Akacia ne prend donc pas trop de risques et entre discrètement par la petite porte dans la chapelle du rock progressif. Le groupe a des qualités mais manque encore d’un peu plus de concision et d’inventivité dans ses compositions. Dieu leur a donné la foi, il ne lui reste plus qu’à guider leurs pas !