Ian Anderson - Rupi's Dance

23/10/2003

Par Julien Negro

Label: Varese Records

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Le nom de Ian Anderson ne frappera pas les plus jeunes, mais cet homme a beaucoup apporté au monde du rock et du progressif au sein du groupe anglais Jethro Tull. Principal compositeur, flûtiste et chanteur de la formation anglaise, il signe ici sa quatrième escapade en solo depuis Walk into the light, paru il y a maintenant vingt ans. Les habitués de la musique du Tull ne seront pas déboussolés, puisqu’il y tient aussi les rênes. La production est très adaptée à ce croisement entre rock, folk et world music et privilégie les mélodies de Ian à la flûte en enveloppant le tout d’une basse bien présente.

Rupi’s dance se veut donc être un album agréable et sans prétention, dans la droite lignée de son précédent disque sorti en 2000, The secret language of birds. Ian s’est d’ailleurs chargé non seulement de la flûte et du chant, mais également de la guitare acoustique, qui reste l’instrument roi. Sa musique à la fois très baroque et d’inspiration celtique (“Lost in crowds”, “Two short planks” ou encore “Old black cat”) se laisse écouter et rend véritablement hommage à sa jeune chatte, représentée sur la pochette et qui a d’ailleurs inspiré le titre du disque.
Certains morceaux naviguent cependant vers les eaux plus fréquentées de la pop et de la folk, avec des réminiscences irlandaises certaines. Quelques unes de ces compositions sont particulièrement taillées pour la radio grâce à de magnifiques mélodies et des refrains entraînants rehaussés de lignes de cordes (“A raft of penguins”, “Eurology”, “Pigeon flying over Berlin zoo”). La démarche de Ian peut d’ailleurs sembler assez intrigante de prime abord, puisque tout cela rappelle dès les premières notes son groupe d’origine dont à aucun moment il ne se démarquera. La qualité des compositions clôt cependant rapidement les discussions et il est heureux de voir que le flûtiste anglais reste inspiré après plus de trente ans de carrière – le titre bonus de Jethro Tull ajouté à la fin du disque est là pour nous le rappeller.

Même si Rupi’s dance n’apporte rien de nouveau, il satisfera les fans de Ian Anderson, ceux-là même qui avaient apprécié son précédent album, mais également tous les amateurs de Jethro Tull auquel ce disque reste apparenté.
Les autres, néophytes ou connaisseurs appréciants la folk et les musiques traditionnelles celtes, trouveront avec cet album près d’une heure de musique fraîche et reposante.