Cast - Al Bandaluz

21/10/2003

Par Julien Negro

Label: Musea

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Lorsque l’on parle du Mexique, les amateurs de progressif sont unanimes : avec plus de dix albums à son actif, Cast y est certainement le chef de fil du mouvement. Depuis leur premier disque en 1994, la composition du groupe a évolué : seuls le principal compositeur et claviériste Alfonso Vidales ainsi que Francisco Hernandez, passé de la guitare au chant sur cet album, témoignent des origines. Epaulés par une nouvelle section rythmique, ils livrent ici un album long et dense. La moitié des titres étant instrumentaux, le groupe se permet de nombreuses expérimentations telles que l’apport de sonorités peu usitées (flûtes et autres saxophones), ou bien un “feeling” metal emmené par le jeu de batterie de Kiko King ou la guitare de Carlos Humaran. La production aurait cependant gagnée à être plus soignée : ce foisonnement de sons et d’idées est en effet souvent assez confus, nuisant par endroit à l’efficacité et la cohésion des titres et des passages les plus acrobatiques.

Sur ce Al Bandaluz, l’inspiration est assez typée néo-progressif – plus particulièrement Marillion époque Fish – en gardant un côté beaucoup plus rock et énergique. Les influences classiques (“Encrucijada”, “Viento” ou encore “La ballesta”) et jazz latin (“Viajero inmovil” ou l’épique “El puente”) sont également omniprésentes. Le chant de Hernandez, entièrement en espagnol sur les cinq titres chantés, ne choque vraiment pas et rajoute une couleur très spéciale à la musique. Il vous faudra cependant de la patience pour venir à bout de ces 90 minutes de musique : comme les Flower Kings, Cast distille peut-être un peu trop ses idées et aurait pu enregistrer un disque beaucoup plus percutant à l’aide de quelques coupes claires. Les dix compositions, dominées par les sons de piano et d’orgues, s’essoufflent sur la longueur et certaines semblent alors interminables. On retiendra pour exemple “El puente” qui, après une première partie excellente en tous points, développe des thèmes musicaux beaucoup moins inspirés.

Si Al Bandaluz est loin d’être mauvais, il est indéniable que ses compositions édulcorées auraient pu être beaucoup plus intéressantes. A l’écoute de ces dix titres, il est clair le groupe a voulu se faire plaisir et c’est peut-être finalement ce qui compte vraiment. Les amateurs du néo-progressif “qui en a” apprécieront cependant ces longs morceaux qui gardent tout de même une saveur plaisante et particulière à doses raisonnables.