Passover - Sacrifice

Sorti le: 12/11/2010

Par Fanny Layani

Label: Ma.Ra.Cash Records

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Passover signifie Pessa’h, la Pâque juive qui célèbre la fin de l’Exode, première cérémonie décrite dans la Bible, au cours de laquelle chaque famille doit immoler un agneau en l’honneur de Dieu. Bigre, ça ne rigole pas, et ce n’est pas la pochette qui dément cette impression, allusion vraisemblable au sacrifice d’Isaac par son père Abraham (auquel se réfère explicitement l’un des titres de l’album). 

Avec une dose de metal progressif à l’américaine, un sens mélodique à la Shadow Gallery, une clarinette qui a tété du David Krakauer dès le biberon (mais qui a parfois un peu l’air d’être là comme un simple alibi), des sons de claviers oscillant entre un kitch abominable et le mélancolique Pink Floyd de « Shine on You Crazy Diamond », une production correcte et surtout une chanteuse dotée d’une belle et chaude voix (largement sous-employée), entre anglais et hébreu, Passover dispose de nombreux atouts.

Cependant, ce groupe international, à cheval entre Boston dans le Massachussets et Trieste en Italie, ne propose qu’un disque bancal et bicéphale, qui ne parvient jamais à choisir, un metal progressif incluant des éléments du folklore musical juif d’Europe centrale dans l’esprit d’un Rashanim, la folie en moins, ou des bluettes d’un goût approximatif, dont les tendances pop nuisent à la cohérence de l’ensemble et les arrangements douteux gâchent la beauté et la douceur des textes en langue hébraïque.

Sacrifice n’est toutefois pas un disque désagréable, loin de là. Il ne lui manque qu’une réelle personnalité qui permettrait à la formation transatlantique de sortir du lot, en se dégageant de la gangue d’influences qui l’étouffe, et éventuellement de finir par tuer le père (et non le fils, comme Abraham). En s’y astreignant, elle aura alors les moyens de creuser un sillon intéressant.