Taliesin Orchestra - A Tribute to the Hits of Enya

Sorti le: 24/04/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Metal Mind Productions

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Depuis 1996, The Taliesin Orchestra reprend à sa manière et dans un style qu’on qualifie volontiers de symphonique, pompeux et new age, des classiques du rock, sous l’égide du claviériste Trammel Starks et de la choriste Felicia Sorensen. Ainsi, Pink Floyd, Eric Clapton ou les Beatles ont eu droit à leur réorchestration. Enya, l’Irlandaise aux mille tubes, certains étant plus creux que d’autres, ancienne membre de Clannad, est reprise pour la seconde fois par cette formation.

Enya n’est pas très bien perçue – doux euphémisme – dans le monde musical professionnel. On lui reproche facilement un style monotone, des disques qui se suivent et se ressemblent, et une ambiance nimbée et doucereuse teintée de candeur parfois jugée de fort mauvais aloi. En plus, elle vend des disques, c’est dire si elle est vilaine. C’est un fait, ses productions n’ont pas évolué musicalement depuis vingt ans. Elle propose un style parfaitement maîtrisé et accueille l’auditeur dans son monde peuplé de fées, de magie, de paysages oniriques tirés de J.R.R. Tolkien. The Taliesin Orchestra affrontait donc une gageure : comment exploiter la musique linéaire d’Enya en restituant son identité tout en brisant l’uniformité de style chère à cette artiste ? L’exercice est pour le moins brillamment réussi. Le disque, aussitôt inséré dans la platine, expose à la perfection cet univers si particulier, l’orchestre symphonique ajoute de l’emphase, voire de la pompe.

Dans ce cas, une autre question étreindra l’esthète : quelle est alors l’utilité de la chose s’il s’agit d’une copie carbone d’albums eux-mêmes déjà «nbsp;clonesques » ? Le duo a prévu sa réponse. Elle est dans l’innovation. Quelques titres, tout bonnement les plus réussis (« Only If » et « Only Time ») sont de pures merveilles de dance music : rythmés et aériens. On les jurerait produits par William Orbit, qui fut aux manettes de l’excellent Ray of Light de Madonna, album que les deux titres suscités évoquent. Certes, les orthodoxes de la musique professionnelle et pénible vont s’égosiller, mais force est de constater que les innovations, les surprises, la fraîcheur et les audaces musicales sont ici rondement menées et qu’il eût donc été dommage de persifler sans s’arrêter quelques minutes sur cette vraie réussite.