Popol Vuh - BOF Fitzcarraldo (rééd.)

Sorti le: 03/08/2006

Par Mathieu Carré

Label: InsideOut Music

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Depuis la disparition de son leader Florian Fricke en 2001, SPV assure la réédition complète des œuvres de Popol Vuh, groupe précurseur en matière de musique électronique et fondateur du Krautrock outre-Rhin. Et même si l’on peut légitimement se poser la question de l’importance de l’audience à laquelle s’adresse cette intégrale, l’intention reste louable.

Popol Vuh ayant travaillé sur les bandes originales des films de Werner Herzog (reconnus pour les prestations hallucinées du lui aussi regretté Klaus Kinski), nous voici donc avec cette réédition de la bande originale de l’intrigant Fitzcarraldo datant de 1982. Ce film relate l’épopée d’un fou de musique décidé à monter un opéra en plein centre de l’Amérique du Sud pour y faire venir chanter le grand Caruso. Il devra pour cela entre autres faire passer un bateau par-dessus une montagne, avec l’aide des populations locales… Quel rapport avec la musique de Popol Vuh ? Pas beaucoup il est vrai, mais ces ambiances de bel canto perdu dans la forêt ont par contre vraisemblablement un rapport avec l’absence quasi-totale de musique de Popol Vuh dans ce disque….Sur les 47 minutes de celui-ci, deux bons tiers d’airs d’opéra italiens, quelques passages de musiques traditionnelles et, tel Fitzcarraldo perdu dans la jungle, onze minutes seulement de nos amis allemands !

On pourra être déçu de cette participation famélique, surtout que le morceau d’introduction « Wehe Khorazin » se révèle plutôt réussi avec des chœurs d’introduction inquiétants rappelant un peu le Carmina Burana de Carl Orff. Les autres interventions minimalistes consistent en trois morceaux de deux minutes « Engel der Luft », « Im Garten der Gemeinschaft » et « Als Lebten die Engel auf Erden », bien dans l’esprit planant du groupe, mais sans grande surprise.

Si il n’est pas question dans ces lignes de critiquer les passages d’air d’opéra repris dans cette bande originale, il convient en revanche de préciser que l’ensemble du disque révèle une étrange cohérence malgré les origines bien différentes des morceaux qui le composent et s’avère loin d’être désagréable à écouter. Reste à savoir à qui s’adresse ce disque: aux inconditionnels de Florian Fricke qui traquent la moindre seconde de sa musique sans doute, mais pourquoi pas aussi aux amateurs des films épiques de Werner Herzog et de son meilleur ennemi, Klaus Kinski.