Peirani / Parisien - Abrazo

28/08/2020

Par Jean-Philippe Haas

Label: ACT Music

Site: https://vincent-peirani.com/

Ces deux-là, c’est une longue histoire…
Quand ce n’est pas l’un qui apparaît comme invité sur l’album de l’autre (récemment encore, Parisien a joué sur Living Being II de Peirani tandis que ce dernier est apparu sur la version live de Sfumato), ils se retrouvent pour enregistrer en duo. Six ans après Belle Époque, les compères remettent donc le couvert pour un Abrazo fortement influencé par le tango.

Si « The Cave », une reprise de Jelly Roll Morton, opère en douceur – une douceur enjouée, tout de même – la transition entre les deux albums, « Temptation » vous projette instantanément sur une piste de danse quelque part en Argentine. A la fois sobrement et somptueusement arrangé pour l’accordéon et le saxophone soprano des deux amis, ce morceau dépaysant de Xavier Cugat exhale ici une sensualité au moins aussi tangible que celle qui pouvait se dégager de l’original.

En dix titres, de reprises en compositions originales, le duo construit un savant dosage où mélancolie et gaîté se succèdent en s’entrecroisant parfois. « Mémento », écrit par Émile Parisien et « Between T’s » de Vincent Peirani jouent ainsi dans un registre doux-amer avec une économie de moyens qui n’a d’égale que l’intensité des émotions véhiculées, alors que la frénésie contagieuse de « Fuga Y Mysterio » d’Astor Piazzolla ou de « A Bebernos los Vientos » de Tomás Gubitsch exercent d’enthousiasmants contrepoids. Surprenante cerise sur le gâteau, « Army Dreamers » de Kate Bush vient conclure le disque, de façon inattendue, peut-être comme une ouverture vers… allez savoir.

A l’image de la complémentarité et de l’harmonie qui distingue les complices, Abrazo est une représentation de l’équilibre quasi parfait ; c’est un album qui transporte et apaise, exalte et console.