Ruphus - Let your light shine

06/12/2019

Par Chrysostome Ricaud

Label: Karisma

Site: https://www.facebook.com/thebandruphus/

Après deux albums à s’essayer au rock progressif en imitant tant bien que mal les pointures anglaises du genre, Ruphus surprend son monde pour son troisième effort (sorti originellement en 1976) en nous démontrant brillamment que c’est dans le registre de la fusion jazz que ces musiciens norvégiens se montrent le plus à l’aise ! L’effet s’en ressentira aussitôt puisque le groupe s’exportera dès lors hors de ses frontières pour une tournée européenne à succès.

C’est après avoir rejoint l’ensemble de jazz fusion Moose Loose que le claviériste Håkon Graf revient à son projet principal avec des idées de compositions désormais bien plus inspirées du jazz que du rock progressif. On pense souvent à Return to forever, Graf partageant le goût de Chick Corea pour des solos de Moog évocateurs. Kjell Larsen quant à lui se révèle un guitariste d’une grande virtuosité, ce que ne laissaient pas forcément imaginer les deux premiers albums du groupe. Ses solos inspirés parviennent notamment à sauver «  Corner  » la composition la plus pauvre du disque (mélodies mielleuses et rythmique d’une pauvreté affligeante pour du jazz/rock progressif). Celle-ci est néanmoins aussitôt contrebalancée par sa suite «  Second corner  » et ses 7 minutes jouées à un tempo effréné qui en font le pic de l’album. Face à la nouvelle direction prise par le groupe, la chanteuse Gudny Aspaas voit son rôle considérablement changer. On ne l’entend que sur 3 titres, dont 2 en scat. Ses interventions s’intègrent bien au nouvel univers abordé par Ruphus, même si les musiciens démontrent aisément par les quatre morceaux instrumentaux que le chant ne leur est plus tellement nécessaire pour produire une musique captivante.

Produit par le grand Terje Rypdal, Let your light shine révèle Ruphus en excellent protagoniste de la scène jazz fusion de l’époque (1976 aura d’ailleurs été une année particulièrement faste pour le genre). Souhaitons que la réédition proposée par le label Karisma permette à cet album de laisser sa lumière briller un peu plus longtemps, ce serait mérité !