Ruphus - Inner Voice

22/05/2020

Par Chrysostome Ricaud

Label: Karisma

Site: https://www.facebook.com/thebandruphus/

Depuis un an, le label norvégien Karisma Records s’attèle à rééditer la discographie de Ruphus, des compatriotes qui ont officié dans les musiques progressives à travers six albums parus initialement entre 1973 et 1979. Nous étions passés à côté des trois premiers, mais il va falloir sérieusement considérer un rattrapage, étant donné la qualité de la musique que produisaient ces Norvégiens dont nous n’avions jamais entendu parler.

Le son de Ruphus a évolué à travers les années, et pour ce quatrième effort, sorti en 1977, c’est la fusion jazz qui est mise à l’honneur (alors que les débuts du groupe les voyaient s’adonner au rock progressif). Dès les premières notes, le ton est donné, le quartet instrumental joue de manière effrénée, la rythmique basse-batterie est implacable et groovy (nous sommes en pleine période disco et ça se sent), tandis que la guitare et les claviers habillent superbement les morceaux de leur virtuosité. Ajoutez à cela une chanteuse à la voix puissante et rocailleuse (à la Janis Joplin) et vous avez un cocktail plutôt original. Les envolées du duo mélodique guitare et clavier sont tellement inspirées qu’on en vient toutefois à se demander si les compositions n’auraient pas été plus passionnantes en faisant le choix du tout instrumental. En effet, bien que dotée d’un très bel organe, Sylvi Lillegaard accentue un peu trop son côté râpeux qui finit par lasser. Elle a pourtant un beau registre clair qu’elle n’utilise que trop parcimonieusement.

S’il faut comparer cet album de Ruphus à des références plus communément connues, on note une similitude assez marquée avec le virage pris par Camel à la même époque pour ses albums Rain Dances et Breathless (à ceci près que les Anglais, en plus de s’ouvrir au jazz, s’essayaient aussi à la pop tout en gardant un pied dans le rock progressif). Pour citer une référence plus ouvertement jazz, on pense également aux débuts de la carrière solo d’Al Di Meola. Bien qu’imparfait, Inner voices est un album de jazz fusion de haute volée qui mérite d’être redécouvert.