Notilus - Notilus

26/09/2017

Par Jean-Philippe Haas

Label: Denovali Records

Site: https://www.facebook.com/notilusband/

Si La Fanfare en pétard n’a pas vraiment sa place dans nos colonnes (encore que…), il n’en va pas de même de Notilus, un groupe fraîchement formé par les mêmes musiciens. En effet, le quintette strasbourgeois délaisse un moment sa mixture festive à base de fanfare/reggae/ska/funk pour un jazz très accessible pétri de nombreuses influences : pop, musique électronique, rock progressif….
La trompette de Paul Barbieri, le trombone de Guillaume Nuss (revenu récemment dans Ozma) et les saxophones de Christophe Rieger constituent la matière mélodique de onze compositions qui reposent sur une trame électro fournie par les machines de Philippe Rieger et la batterie de Samuel Klein. Les boucles hypnotiques, les motifs répétitifs, le choix des sonorités forment un joli cocktail à la fois fermement ancré dans le présent mais également nourri d’influences vintage façon eighties et nineties (le bon goût en plus, il va sans dire). Planante et mélancolique (« Valse à plumes »), voire ambiante (« Green Smile »), la musique de Notilus connaît aussi quelques emballements bienvenus (« Orgella », « Kuku » et ses passages éthio-jazz, le très dansant « Ned »), des explosions pouvant succéder aux passages aériens (« Tangerine »). Des atmosphères étranges, inquiétantes, qui évoquent le fantastique ou la science-fiction croisent des moments plus typés comme « Alien » et son hip-hop orientalisant. A renfort parfois d’effets plaqués sur ses instruments, le trio des vents se fond parfaitement dans ce cocon un peu futuriste qui brasse pas mal d’ambiances différentes.
Même s’il tente de jouer sur plusieurs tableaux, Notilus est un premier album prometteur doté d’une personnalité affirmée. Il ne reste plus au groupe qu’à prendre quelques risques supplémentaires pour marquer définitivement un territoire restant encore largement à explorer.