Kadinja - Ascendancy

26/04/2017

Par Florent Canepa

Label: Klonosphere / Season of Mist

Site: https://kadinja.bandcamp.com/

Au sein de la djentosphère, la klonosphère, bref tout ce qui a apporté une bonne dose d’amphétamines au neo-metal du siècle dernier tout en le rendant techniquement et mélodiquement plus abouti, on s’y perd un peu. Surabondance d’effets spéciaux, déluge de groupes et projets… Comment distinguer le bon du dispensable ? Comment trouver un regain d’intérêt à une mode qui semble parfois prisonnière (déjà !) de ses propres stéréotypes ?

On se souvient avec émotion du démentiel britannique Monuments qui avait constitué notre dernier électrochoc en la matière. L’hexagonal Kadinja, sans offrir tout à fait la même trempe, officie en revanche dans la même catégorie. Metalcore jusqu’au bout des riffs, le groupe peut déjà s’enorgueillir d’une voix – entre clair et growl – d’une évidente force et d’une formidable efficacité. La structure des morceaux, alternant breaks lourds et passages plus lumineux voire carrément exaltés comme chez Bring Me the horizon, flatte l’oreille. Brutal, technique, jamais abscons (qui a dit Meshuggah ?), Ascendancy assène ses rythmiques abruptes sur une petite cinquantaine de minutes équilibrée et sans temps mort.

La prouesse est d’autant plus saillante qu’il s’agit ici du tout premier album des Parisiens. Il laisse entrevoir une vraie dynamique animée de mélopées au piano (« Espisteme part II » ou Linkin’ Park avec supplément de testostérone), de destructurations nihilistes (« ‘Til the ground disappears » et ses petits algorithmes bienvenus) ou de facéties (le très opulent « Dominique », nique, nique… non, vous ne rêvez pas). Cela ne révolutionne pas le genre mais cela a le mérite de le requinquer ! Les fans de logorrhées saccadées apprécieront.