The Mute Gods - Do Nothing Till You Hear From Me

19/01/2016

Par Lucas Linussio

Label: InsideOut Music

Site: http://themutegods.com/tmg/

En ce début d’année, un projet nous fait languir depuis des mois ! Projet tenu secret depuis fort longtemps et qui a été dévoilé peu de temps avant sa sortie. Sous le label Inside Out, trois amis et virtuoses nous concoctent un album datant de la tournée The Raven avec Steven Wilson. The Mute Gods, est avant tout le travail de Nick Beggs, soucieux de sortir un travail plus personnel. Il fit intégrer rapidement Marco Minnemann à la batterie et aux guitares, puis s’est rajouté Roger King, connu surtout pour avoir tourné avec Steve Hackett (Genesis Revisited). Avec cette fine équipe, on est en droit de se demander si l’on n’a pas affaire à un chef d’œuvre en puissance ! Tous les éléments sont réunis pour et c’est ce que nous allons voir.

Etrange mélange que cette nouvelle galette ! Elle commence à tourner et on se rend vite compte que ce n’est pas forcément ce que l’on espérait. On aurait pu s’attendre à de la grandiloquence, des morceaux à rallonge, de la technicité… Eh bien, rien de tout cela n’effleure The Mute Gods. C’est en fait sous le signe de la finesse et des mélodies simplistes vers lequel se tourne Do Nothing Till You Hear From Me . Le morceau au titre éponyme le rappelle bien. On peut néanmoins noter une grande influence du rock progressif des 70s aux vues des sonorités utilisées. Les compositions font ressortir les solos de clavier et les guitares acoustiques à merveille.

Malheureusement, cela sent le réchauffé. En effet, on se rend compte que les morceaux du disque ne sont juste qu’une pâle copie de ce que fait déjà Steven Wilson, le génie en moins. Cependant, on y trouve quand même de belles mélodies entêtantes comme dans le sombre « Feed The Troll » ou dans « Praying To A Mute God ». Aussi, l’initiative qu’a eue Nick Beggs de prêter sa voix à l’œuvre n’est pas une bonne chose en soit. Son chant est certes juste mais manque toutefois de saveur et cruellement de nuances. Il existe malgré tout une pépite nommée « Nightschool For Idiot ». C’est une petite balade qui ne paye pas de mine, mais sacrément efficace. Elle nous laisse entrevoir une lueur d’espoir quant à la teneur de l’album.

L’idée première qu’avait Nick Beggs de créer une musique personnelle sans fioriture n’était pas si mauvaise que cela. Mais en fin de compte, on est tout de même assez surpris par le résultat final. C’est le genre d’album qu’on déteste ou qu’on adore de par sa tournure musicale. Là où Bruce Soord franchit le cap des compositions plus simples avec brio grâce à son album éponyme Bruce Soord, The Mute Gods n’est pas une franche réussite ! En fin de compte, l’album s’apparente à une bonne déception : il est honnête et on s’aperçoit que les musiciens ont mis du cœur à l’ouvrage, toujours est-il que cela reste une déception.