Mathias Eick - Midwest

21/06/2015

Par Raphaël Dugué

Label: ECM

Site: http://www.mathiaseick.no/

Mathias Eick est un trompettiste norvégien au C.V. bien rempli : en plus d’avoir joué avec ses homologues norvégiens de Jaga Jazzist et Motorpsycho, il a collaboré entre autre avec Pat Metheny ou Chik Corea. Ce troisième album solo est inspiré par un sentiment de nostalgie que le saxophoniste a ressenti lors d’une longue tournée aux Etats-Unis et qu’il s’est trouvé de plus en plus éloigné de sa Norvège natale. Eick a cependant trouvé un certain réconfort lors de la traversée du Midwest car ces espaces de plaines agricoles lui rappellent son pays, le midwest ayant été colonisé par en partie par des émigrés scandinaves.

Ce sentiment nostalgique est parfaitement évoqué par la musique de Mathias Eick. Elle suggère à la fois les étendus du midwest et la lointaine Norvège avec le violon Hardanger, typique de la musique folklorique norvégienne, qui offre un complément mélodique à la trompette de l’artiste. Tout est évoqué avec subtilité et retenue. La musique est faite de moments calmes et contemplatifs. Aux percussions, Helge Norbakken reste en retrait pour laisser le premier rôle aux mélodies très présentes, il joue sur les différentes textures par des touches éparses et subtiles comme sur “ Dakota ”.

Lors de ses concerts, Eick avait montré une force et une puissance qui restent absentes sur ce disque, sans doute écartées pour laisser place aux sentiments exprimés tout en délicatesse. La musique ne manque cependant pas d’intensité comme sur « March » et sa tension qui s’installe au milieu du titre.

Eick montre une fois de plus sa maîtrise subtile à la trompette, il se sert de cet instrument pour coller le plus aux émotions, elle est la force conductrice de cette musique empreinte de nostalgie, comme sur le déchirant « Fargo ». Midwest est un album qui met du temps à dévoiler ses charmes. C’est par petites touches impressionnistes que la musique esquisse les sentiments de l’absence et du mal du pays, un disque à écouter au coin du feu au coeur de l’hiver.