The Tea Party - The Ocean at the End

08/10/2014

Par Florent Canepa

Label: Anthem/Sony

Site: http://www.teaparty.com/

Difficile d’expliquer le pourquoi du comment mais The Tea Party, à l’image de The Mission, a toujours eu une place à part dans le cœur de votre serviteur. Sans doute l’énergie vocale de Jeff Martin – comme celle de Wayne Hussey – et peut-être une certaine idée que les deux groupes, inspirés par ce qu’il faut de wave (new, dark ou cold d’ailleurs), ont toujours mérité une plus grande place au panthéon du rock, notamment en termes de succès commercial. Huitième album studio des Canadiens et grand retour après dix ans d’absence, The Ocean at the end ne déroge pas au cadre artistique posé il y a déjà un moment par la formation : puissance rock des guitares emplies d’un groove initiatique, profondeur du chant et influences orientales assumées dans les grilles d’accord.

The Tea Party, c’est aussi ce petit supplément pop qui transforme instantanément certains titres en prodiges faciles à s’approprier tant le propos est direct est sans fioriture (« The black sea », single imparable). D’une manière générale, les morceaux tournent autour de quatre minutes mis à part le morceau titre qui construit une ballade plus éthérée. Ici, point de longs propos progressifs donc : on redécouvre un rock massif tel que l’a inventé et nourri Jimmy Page. Celui qui repose sur des riffs solides et se permet quelques écarts romantiques (« The Maker », reprise du compatriote Daniel Lanois). Épique mais pas tape à l’œil, cette nouvelle sortie parlera évidemment aux fans de toujours car le terrain est connu, du moins sur la première partie de l’album. On est aussi soulagé car le premier single, « Water’s On Fire », grossier comme peut l’être U2 est finalement bien pâle en regard du reste de l’album.

Des surprises émergent sur la deuxième partie comme « The Cass Corridor », à la fois étonnant dans son texte plus fun et sa musique qui lorgne sur le punk, avec clin d’œil appuyé à MC5. Ou encore « Brazil » et ses cuivres et percussions mêlées à une rythmique lourde. « Submission » ajoute une petite dose électronique que l’on rapproche aisément d’un Gary Numan avec paroles en mode glam. C’est sans étonnement d’ailleurs que l’on apprend de la bouche de Jeff Martin que ces petites originalités proviennent d’une même session effectuée en Australie avant que le groupe ne migre à nouveau vers son Ontario natal. On aime ces surprises, on aime également les vieilles habitudes, comme ce tic chez le trio de manipuler une quinzaine d’instruments différents afin d’enrichir les sonorités. Le psychédélisme du groupe (que l’on retrouve sur pochette ou le morceau « Black Rose » et sa rengaine dopée aux chœurs) en sort renforcé. Finalement, peu de choses ont changé en dix ans et c’est très bien comme ça. Si bien qu’on a envie de crier : Encore !