Captain Beefheart - Live From Harpo’s Detroit 11 dec 1980

23/09/2014

Par Aleksandr Lézy

Label: Gonzo

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Don Van Vliet n’a probablement suscité l’intérêt à l’époque que chez les fans de Frank Zappa et encore … Mort en 2010 dans l’indifférence la plus complète, celui que l’on nommait Captain Beefheart a pourtant créé l’une des pièces maîtresse de la musique rock expérimentale avec Trout Mask Replica sorti en 1969. Avec Zappa, comme avec son Magic Band, il aura donné du grain à moudre pour finalement se retirer de la scène musicale afin de se consacrer à la peinture, et s’occuper tristement de la maladie qui le ronge.

Le cœur de bœuf est un précurseur dans son genre, une sorte d’atome libre, n’en faisant qu’à sa tête et d’une exigence extrême. On ne peut pas vraiment lui reconnaître un talent de chanteur à proprement parler mais, à sa manière, Don a sacrément bien porté son nom, tel un don du ciel. En faisant avec les moyens du bord, il a créé une autoroute à cinq voies pour tout un pan de la nouvelle génération rock avant-gardiste lui succédant.
Pourtant, et sans un certain goût amer, après écoute de ce concert enregistré à la fin de l’année 1980 à Détroit, on ne peut pas vraiment dire que ce soit lui rendre justice que de sortir du fin fond des placards cette performance. L’hommage ne touche pas la cible, ne fait pas mouche et c’est avec une grande déception que s’écoute ce disque d’une pauvreté sonore sans nom aussi bien dans le rendu que dans le parfait désordre existentiel dont fait preuve l’ensemble de la troupe du capitaine au long cours. Bref, passons les détails …

Le concert, présenté dans son intégralité aurait pu être un document historique captivant, si seulement il avait été présenté à l’auditeur épuré de toutes les parlottes incessantes entre les morceaux qui ne servent véritablement à rien, et qui ne permettent pas d’aller dans le vif du sujet, et la musique. Le moment troublant réside dans le tout petit morceau où Van Vliet ne chante pas « One Red Rose That I Mean », paradoxe dont Beefheart a toujours su faire preuve. En conclusion, la seule vérité aurait été de vivre ce moment pour de vrai. Hélas …