Poor Genetic Material - A Day In June

11/12/2013

Par Cyril Queneau-Pitol

Label: QuiXote Music

Site: www.poorgeneticmaterial.de

A Day In June, huitième album des Allemands de Poor Genetic Material, sort deux ans après le conceptuel « Island Noises » qui s’inspirait de La Tempête de William Shakespeare. Cette fois-ci, c’est le controversé roman Ulysse de James Joyce qui est traité. Et c’est plutôt fort à propos puisque Martin Griffiths, le père du chanteur Phil Griffiths, chante en « special guest » sur cinq titres de l’album (dont trois en duo) et que le roman relate une journée ordinaire de deux hommes dans la ville de Dublin. La mort, la vie, le sexe, l’art, la religion sont les sujets traités de façon introspective. C’est aussi l’occasion – ou le prétexte – pour le duo Griffiths d’aborder les relations père-fils, projet qu’ils semblaient chérir depuis un certain temps.

C’est donc en un peu plus d’une heure de musique que cette journée est racontée. Huit titres aux formats plutôt courts pour le style, de 4:24 à 9:13 minutes, mais qui obligent ainsi une concision et efficacité mélodique à huit ambiances différentes, évitant donc trop de longueurs musicales. Techniquement irréprochable en ce qui concerne le son, le mixage est équilibré et tous les instruments et subtilités sont audibles. Les trop rares interventions de Pia Darmstaedter à la flûte sont bienvenues, surtout sur des arrangements classiques du claviériste Philipp Jaehne (« Wandering Rocks » et « yes ») ou encore sur « Oxen Of The Sun », aux accents plus complexes et progressifs. Dans l’ensemble, les compositions sont plutôt raffinées et « intelligentes », Stefan Glomb à la guitare n’en fait pas des tonnes, les soli sont fins, mélodiques et en cohésion avec les autres instruments. Le batteur Dominik Steinbacher et Dennis Sturm à la basse se complètent sans fioritures excessives. Enfin, les voix du tandem Griffiths s’accordent bien, jusqu’à se confondre parfois.

Même si l’ensemble de l’album s’écoute agréablement, que ce soit au casque ou en fond sonore, A Day In June est un bon album de rock progressif (et Dieu sait – nos lecteurs également – s’il en existe) contenant toutes les recettes (digérées plus que collées) du genre, mais qui n’invite pas à la lecture en boucle : presque trop « propre » ! Une heure c’est bien et suffisant ! Vous en reprendrez bien un peu ? – Non, merci, je conduis ! Certainement plus intéressant à voir sur scène avec un son plus brut et un mixage moins « léché ».