Mr So & So - Truths, Lies & Half Lies

29/07/2013

Par Dan Tordjman

Label: Autoproduction

Site: www.mrsoandso.com

On dit souvent que les courants musicaux sont affaire de cycle. L’auteur de ces lignes se rappelle les propos tenus par Steven Wilson il y a quelques années dans lesquels il disait qu’il y avait jadis pléthore de groupes progressifs made in Albion, et qu’aujourd’hui l’absence de formations équivalait à une honte nationale. A croire que ces mots ont eu un impact, car depuis quelques années, il semblerait qu’on assiste à une renaissance de la scène progressive britannique.

Outre les déjà établis Marillion, Anathema, Pendragon, Threshold, Arena ou Mostly Autumn, nous voici témoins de l’émergence de groupes comme Touchstone, The Reasoning, Frost* et plus récemment Sound Of Contact. A ces noms, il convient de rajouter Mr. So & So qui n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Sa génèse remonte à 1989 suite à la rencontre entre Dave Foster (que les fans de Marillion connaissent) et Shawn « Magoo » McGowan. Quelques tournées plus tard (dont une avec Marillion en 1997 sur le tour This Strange Engine), le groupe fait une pause et revient sur le devant de la scène, revigoré par des implications dans des projets parallèles.

Musicalement, les protagonistes brassent relativement large. Ainsi, aux côtés des évidentes référence à Marillion ou Rush, on peut citer des formations comme Faith No More sur « Paperchase », Jellyfish ou Soundgarden. On pourrait rajouter également Extreme ou Led Zeppelin, rien que pour le groove délicieux d’« Apophis ». Pour le reste, pas de révolution, c’est bien du Neo-Prog anglais que nous avons là. Une véritable montagne russe d’émotions diverses : du nerveux « Paperchase » au délicat « Looking Glass » en passant par le folk « You’re Coming Home », c’est à une belle leçon d’écriture, raffinée de surcroît, à laquelle nous avons droit avec pour point final « Please » dont les références à Pink Floyd en séduiront plus d’un. Un disque varié enrichi par le partage du chant entre Magoo et la belle Charlotte Evans. En somme, Truths, Lies & Half Lies est un album comme seul un groupe originaire d’outre-Manche peut le faire (bien qu’Enchant avait réussi à tromper son monde lors de la sortie d’A Blueprint Of The World). Un gage de qualité ou a contrario une recette éculée ? A vous de juger. Dans le cas présent, vous l’aurez compris à travers ces lignes, nous ne bouderons pas notre plaisir !