Cristiano Roversi - AntiQua

29/04/2013

Par Pierre Wawrzyniak

Label: Galileo Records

Site: www.cristianoroversi.eu

Sorti en 1977, l’album The Geese And The Ghost d’Anthony Phillips est considéré par les amateurs comme le sommet du progressif pastoral. C’est dans la directe lignée de cet album qu’ont pullulé des tonnes et des tonnes de groupes, essayant vainement de retrouver la magie et la simplicité des frasques du premier guitariste de Genesis. Pour le meilleur et souvent pour le pire.

Christiano Roversi est compositeur et leader du groupe Moongarden, formation neo-prog italienne de renom et auteur d’un grand classique du genre (The Gates Of Omega). L’homme est connu des services et a tendance à intégrer des accompagnements électroniques dans ses frasques progressives.

AntiQua est un concept album fort agréable d’écoute, idéal pour l’heure du thé, composé de morceaux instrumentaux pastoraux (flûte, mellotrons et guitares douze cordes par brochettes…) et de chansons plus que fréquentables car sujettes à des featuring de vocalistes aussi talentueux que Bernardo Lanzetti (Acqua Fragile de 1973 à 1974 puis trois albums fabuleux chez Premiata Forniera Marconi) et Aldo Tagliapetra (Le Orme). Les chansons sont très réussies.

Les instrumentaux, lorsqu’ils sont minimalistes et se bornent à des contributions accoustiques, ravivent les cendres de l’Anthony Phillips de l’âge d’or. La fraîcheur est de mise. Hélas, deux éléments viennent nous émietter le speculos dans la tasse d’Earl Grey : la présence de boites à rythmes dignes des années quatre-vingt-dix lors d’envolées kitschissimes et l’utilisation de sons midi en lieu et place des bois et des instruments à vents. Voilà une faute de goût involontaire qui fera tiquer les jusqu’au boutistes de la doctrine TheGeeseAndTheGhostienne. Et c’est bien dommage car avec un instrumental folk aux incursions de mellotrons tel que Dimlit Tavern, Roversi prouve qu’il est capable de faire mouche.

Recommandable, AntiQua n’est cependant pas indispensable. Less is more