Ne Obliviscaris - Portal of I

06/02/2013

Par Dan Tordjman

Label: Code 666

Site: www.facebook.com/NeObliviscarisBand

Il faut croire que chaque pays a son groupe en matière d’album attendu comme l’arlésienne. Si l’on regarde bien : la France a Kalisia ou PlugIn, les Etats-Unis ont eu Cynic ou Shadow Gallery. On peut rajouter désormais Ne Obliviscaris qui nous vient de Down Under (Australie). Les musiciens de Melbourne ont apprécié prendre leur temps, jugez-en plutôt : un groupe fondé en 2003, une démo en 2007 et ENFIN un véritable album digne de ce nom. Et bon sang, que l’attente valait le coup, car il compte parmi les véritables sorties musicales exceptionnelles de l’an dernier qui ont pu exploser vos lecteurs CD !

Musicalement, les fans d’extrême seront comblés. On peut rapprocher Portal of I aussi bien de Dimmu Borgir et de son Puritanical Euphoric Misanthropia que d’Opeth (période dorée allant dOrchid à Blackwater Park). A n’en pas douter, les purs et durs nostalgiques de l’époque seront les plus séduits. Emportés par cette fusion diabolique entre les riffs acérés « Tapestry Of The Starless Abstract », « Of The Leper Butterflies » , les arpèges de guitare sèche de « Forget Not » ou les envolées lyriques du violon de Tim Charles. Impossible de passer sous silence le binôme vocal qu’il forme avec Xenyor responsable du chant death, laissant les parties claires à Charles. A noter la présence – cocorico – d’un Français dans les rangs de la formation australienne avec Benjamin Baret (ex Withdrawn) dont les interventions sont d’une limpidité rare. Pour l’anecdote, la sortie de l’album fut retardée en raisons des problèmes de visa rencontrés par le guitariste le bloquant une longue période en France avant qu’il ne puisse retourner sur le continent.

Difficile de sortir un titre du lot tant l’ensemble est d’une cohérence solide. Portal of I requiert un certain nombre d’écoutes tellement il est copieux (sept titres pour près de soixante-dix minutes de musique) mais recèle tant de finesse qu’il s’appréciera au fil des répétitions. Pour un premier essai c’est un vrai coup de bluff, un vrai coup de maître.