Mono - For My Parents

27/11/2012

Par Florent Canepa

Label: Temporary Residence Limited

Site: www.monoishere.com

Mono est un groupe japonais qui a retenu l’attention de tout amateur de post-rock qui se respecte. Déjà six albums pour dessiner des contours fluctuants, de l’expérimental introverti à des ambiances plus symphoniques. On le sait : c’est cette dernière voie qui est maintenant largement empruntée. Véritable mono-lithe instrumental et contemplatif, For my parents est un album qui ressemble surtout à une musique de film. Des paysages soniques enregistrés cette fois-ci à New York et sans Steve Albini aux manettes.

Bandes originales d’une nature aride mais inspirée, les cinq morceaux sont systématiquement mis en relief par un orchestre symphonique qui avait déjà orné le précédent essai, Hymn to the Immortal Wind. Les tapis de cordes viennent enrichir des ambiances nichées quelque part entre Ry Cooder ou Morricone qui auraient mangé du shoegaze et Joe Hisaishi pour la beauté simple des harmonies. Tapis de guitares fuzz ou au plectre, glockenspiel qui martèle, eucharisties sonores saturées : tout y est. Seulement voilà, ce qui est beau n’est pas forcément facile à apprécier sur la longueur. Peu surprenant, l’album a été conçu comme un cadeau des enfants à leurs parents, quelque chose d’immuable tel l’amour filial qui traverse le temps et les âges. C’est peut-être ce qui le rend à la fois si émouvant et si convenu dans sa forme. Un piano parfait pour souligner la nostalgie (« Dream Odyssey », très beau), des violoncelles vibrant d’émotion (« A quiet place », le morceau le plus symphonique à renfort de timbales) : rien ne sort du cadre. En même temps, c’est peut être aussi la raison pour laquelle, tout en l’appréciant pour ce qu’il est, vous pourrez justement l’offrir à vos parents !