Ashent - Inheritance

04/10/2012

Par Florent Canepa

Label: Lion Music

Site: www.ashent.net

Plus de dix ans déjà que les Italiens d’Ashent traversent les terres progressives avec finalement seulement trois albums, dont ce petit dernier. Signé de la griffe Lion Music, leur matériau de travail est loin d’être brut et propose des déambulations sonores complexes, teintées metal. On loue sur chaque titre l’audace dans les expérimentations rythmiques et le schéma général plutôt sinueux (à cet égard, « Magnification Of A Daydream », très réussi dans sa frénésie). Les lignes ne sont pas droites, c’est réjouissant, mais le terrain est glissant. Les ambiances de clavier mènent le bal dans des morceaux pas si fleuves mais qui perdent rapidement l’auditeur.

On abandonne vite l’envie de s’agripper à des moments-clé mélodiques tant tout se déverse comme un flot. On ressent souvent l’influence d’un aîné comme Dream Theater ou Tad Morose, la dernière comparaison étant peut-être moins flatteuse mais plus réaliste. Malgré toute cette ingestion qui puise même dans le core américain, certains growls – discrets – émergeant ça et là, l’auditeur reste un peu absent. N’est pas une légende qui veut. On préfère souvent entendre les ambiances recréées chez Ynwgwie Malsteen (« Shipwrecked Affair »), Steve Vai (« Renaissance »), PoS (« The Starving Litany ») ou même Devin Townsend, quand le chant est plus affirmé (« The Defiant Boundary »). Déroutante, en vain, la musique des frères Falanga sait peut-être mieux se vivre en concert. Ce n’est pas que cette déconstruction vénitienne soit inintéressante, c’est simplement qu’elle ne passionne pas. Et comme le chemin est complexe, on se laisse peu porter. La technique est au rendez-vous. Mais un chant peu transcendant et des effets d’ambiance bancals (la fin de « Fractural ») suffisent à nous faire dire qu’Inheritance n’est sans doute pas la pièce magistrale du palazzo Ashent.