Cast - CastArt

16/09/2012

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

Site: www.castlives.com

Les prolifiques Mexicains ne nous avaient pas habitués à attendre aussi longtemps entre deux productions. Trois ans, pensez-vous donc, se sont écoulés depuis le volumineux Originalis, alors que Cast publiait depuis 1994 un, deux, voire trois albums par an ! Dix-septième enregistrement studio de la bande à Alfonso Vidales, le dernier rejeton nommé CastArt explore aujourd’hui les diverses tendances qui ont habité leur musique au fil de ses nombreuses années d’existence.

Côté habillage, Cast n’a pas toujours fait dans la sobriété (le bon goût, dirons certains) en matière de pochette. Le visuel de CastArt n’échappe pas à la règle, mais c’est finalement bien peu de choses en regard de la qualité du contenu. Énergique, parfois métallique, cette nouvelle livraison peut revendiquer le titre d’album le plus nerveux du groupe. Les nombreux passages instrumentaux sont animés d’une frénésie qui ne laisse que rarement de place à la contemplation. Seul « Return To Same » offre une pause médiane, un déjeuner champêtre où le chant (en anglais et qui ne souffre pas, il faut le relever, du défaut de l’accent), le piano, la guitare acoustique et la flûte se partagent la vedette. Le reste n’est qu’une suite de moments de bravoure servis par une brochette de virtuoses qui maîtrisent aussi bien leurs instruments que le sens de la mélodie. Solos épiques et dialogues guitare/claviers par boîtes de douze garantis !

« Duction from the Intro » ouvre les réjouissances qu’offre une bonne partie de CastArt : une base classic prog, considérablement étoffée par un attirail jazz (piano, saxophones… ). L’album contient en outre deux gros morceaux, dont « Between The Face And The Mask » qui déroule avec plus ou moins de bonheur toutes les ficelles caractéristiques de Genesis/The Flower Kings et d’un néo-progressif remis au goût du jour. Majestueux, et incontestablement plus travaillé, « The Rescue » dispose d’un côté grandiose et cinématique que ne possède pas son alter ego, et vaudrait presque à lui tout seul l’achat du digipack. Pour mieux faire passer ces deux belles pièces de boucher, Cast ménage quelques pépites pyrotechniques (« Ojales », « Selajo » et « Pyro-Lamb ») dont la brièveté n’empêche pas une étourdissante débauche de notes.

Il aurait peut-être fallu davantage de clarté et de punch à la production pour que la fête soit totalement réussie, mais CastArt a le mérite de se maintenir constamment à un niveau élevé, ce qui n’a pas toujours été le cas dans la discographie surabondante de Cast. On ne saurait ainsi trop conseiller à Alfonso Vidales de prendre son temps pour composer un successeur.