Romantic Warriors II - About Rock In Opposition

04/09/2012

Par Jean-Philippe Haas

Label: Zeitgeist Media

Site: www.progdocs.com

Adele Schimdt et José Zegarra Holder remettent le couvert de l’aventure Romantic Warriors en publiant un documentaire consacré cette fois-ci à la niche la plus intransigeante du prog’ : le Rock In Opposition. Il peut être surprenant de voir Magma ouvrir et clore ce reportage, étant donné que la bande à Christian Vander n’a jamais revendiqué une appartenance à un mouvement né bien après sa création. Néanmoins, le géniteur illuminé de la Zeuhl résume bien l’esprit qui anime aussi le RIO : exister coûte que coûte hors des circuits traditionnels.

En un peu plus d’une heure et demie, le film déroule la chronologie des événements. On apprend ainsi que, concrètement, le Rock In Opposition ne fut à sa naissance que peu de choses : cinq groupes (Stormy Six, Univers Zéro, Samla Mammas Manna, Henry Cow, Etron Fou Leloublan) provenant d’horizons très différents, qui n’avaient en commun qu’une musique atypique, et un désir de partager leurs réseaux pour sortir, distribuer leurs albums et donner des concerts, en marge complète de l’industrie du disque. Durant la brève existence du mouvement originel, cette démarche porta ses fruits, notamment grâce au premier festival organisé en mars 1978 à Londres. Dès lors, une certaine idée de la musique rock était née, et tous les groupes un tant soit peu cousins évoluant dans des circuits parallèles furent assimilés au RIO, ou «  Avant Prog » comme se plaisent à la distinguer certains des acteurs modernes.

Outre les principaux intéressés, la parole est donnée à des directeurs de labels emblématiques (Cuneiform, Crammed Discs, AltRock,…), des organisateurs de festivals, des fans et les groupes qui se reconnaissent dans le RIO, comme Hamster Theatre, Guapo, Sleepytime Gorilla Museum ou Yugen. Les généreux extraits de concerts – parfois d’époque ! – régaleront les fans et donneront au non-initié une idée très précise de cette subdivision étonnante du rock progressif… On notera ainsi que la composante féminine est loin d’être négligeable dans ces formations… Certains devraient en prendre de la graine !

Considérant que les pays de langue française (France, Belgique, Québec…) ont joué (et jouent toujours) un rôle majeur dans la vie du RIO, il est fort dommage qu’il n’y ait pas de sous-titres dans les interviews en anglais, alors même que les nombreux passages en français sont sous-titrés en anglais ! Il avait pourtant là de quoi toucher le public francophone… Cette faute presque impardonnable constitue la seule déception d’un film par ailleurs passionnant pour l’amateur de prog’, et de musique rock en général.