D'accord - D'accord

17/04/2012

Par Pierre Wawrzyniak

Label: Autoproduction

Site: www.daccord-music.com

En 2009, D’accord était un quintet, officiait déjà dans le retro-progressif et avait compris la règle n°1 du (sous) genre : « Clients must be satisfied ». Le trait premier du groupe est de maîtriser la prise du son et le mixage de sa musique afin de créer l’illusion réussie d’un pur produit early-seventies. Le second, plus discutable, est de proposer des parties évoquant très fortement les classiques du genre. Si certains auditeurs explosent de joie pendant les pseudo-citations, d’autres hurlent à la trahison…

Ce premier essai est teinté d’une grande mélancolie qui parfois fait mouche, portée par les envolées chantées de Daniel Maage. Bien plus rock qu’Helike (2011), cet album éponyme brille par sa générosité orchestrale et sa naïveté globale (il y a encore des groupes pour croire au retro-prog !). Légèrement surannée, la musique de D’accord arrive à imposer une poésie inattendue.

Mais, le bat blesse à plus d’un titre sur certains breaks proggisant faiblards de par l’accordage approximatif de la basse, le manque d’assise de la batterie, l’absence de vérification harmonique des partitions. Peu nombreux mais arrivant comme des cheveux sur la soupe, ceux-ci suffiront à faire fuir sur la pointe du tympan plus d’une oreille exigeante.

Et pourtant, l’envolée finale efficace de « Play by The Hall » fleure bon le Vander Graaf Generator et le Genesis des débuts, et ne manquera pas de toucher ceux qui subissent une combustion spontanée à l’ouïe de ces noms. L’ambiance tamisée de « This is the one » est savoureuse avant d’être interrompue de flûtes à la Jethro Tull, prétexte à un vautrage hard-prog peu reluisant. Entre réussites et imprécisions, la galette marche sur le fil du rasoir. Les plus indulgents pourront se dire qu’après tout, un disque qui finit par un solo de guitare aussi touchant que celui de « Capitale Vendeditio » ne peut pas être mauvais.