Knight Area - Nine Paths

25/03/2012

Par Maxime Lalande

Label: The Laser's Edge

Site: www.knightarea.com

La scène musicale néerlandaise est particulièrement célèbre pour ses groupes de metal symphonique comme Epica ou Within Temptation. Bien que moins connu, Knight Area a émergé il y a bientôt une dizaine d’années avec un style qui emprunte aux formations susnommées en y croisant une patte plus technique et progressive.Nine paths, quatrième album de la formation, nous propose, comme l’indiquent son nom et sa jolie pochette aux teintes chaleureuses, une progression en neuf univers distincts, neuf chemins séparés faisant référence à ceux du tarot.

Un caractère commun à ces pistes est la très forte présence des claviers, ce qui n’est sûrement pas étranger au fait que le claviériste, Gerben Klazinga est aussi l’auteur de l’essentiel des compositions de cet album. On retrouve donc des sons de synthé à tour de bras et pas toujours des plus pertinents, s’approchant parfois de la bande son d’un Mario Kart (« The river », « Wakerun »). Ce choix d’orchestration, associé à quelques solos de guitare biens maîtrisés ne manquera pas de nous rappeler par instants Dream Theater (« Ever since you killed me »).

La voix de Mark Smit est polymorphe. Plutôt mise en avant sur ce disque, elle se retrouve dans tous les registres et c’est avec plaisir qu’on l’écoutera même se mêler à celle de Charlotte Wessels sur « Please come home ». La reverb généreusement appliquée sur la partie vocale tout au long du disque n’est pas superflue, donnant du corps et du caractère à une voix qui n’a en soi rien d’extraordinaire. L’ensemble du CD est d’ailleurs à son image, plutôt varié mais n’apportant rien de nouveau au genre.

Lorsque la fadeur des compositions se fait plus discrète, certains morceaux nous réservent de belles surprises comme « The river » et ses arpèges mystiques (à défaut d’être véritablement mythiques) ou encore « Clueless » qui saura nous faire taper du pied sur son refrain incontestablement efficace.

Globalement la musique reste assez brute, manquant quelque peu de sensibilité. On remarque de bien belles tentatives de recherche mais l’ensemble a du mal à convaincre, le groupe nous servant au passage quelques poncifs mélodiques entendus.
Pèlerin en quête de trouvailles harmoniques rafraîchissantes, passez votre chemin, Knight Area part ici en croisade du côté d’un style vieilli et empreint d’une certaine lourdeur.
Cependant ce nouvel album ne manquera pas de réjouir les amateurs du genre en leur offrant malgré tout un travail de qualité tant sur l’interprétation que sur la production.