Absolace - Fractals

19/03/2012

Par Maxime Delorme

Label: Autoproduction

Site: www.absolace.com

Un album qui nous vient tout droit de Dubaï ! Voilà une bonne surprise qui met du baume au cœur et fait penser à toutes ces formations qui fleurissent un peu partout dans le monde. Evidemment, lorsque l’on parle d’un groupe de metal, aux influences progressives (revendiquées de Tool, Karnivool ou encore Porcupine Tree, bien qu’on cherche encore ce dernier), qui plus est venant du Moyen-Orient, on ne peut s’empêcher d’avoir en tête l’image des Israéliens d’Orphaned Land. On pourrait effectivement croire que la saveur orientale déteindrait sur la musicalité de l’album, lui donnant cette épice bien particulière. Il n’en est rien, Absolace n’a d’oriental que la provenance.

Si on avait pu en entendre quelques bribes avec le somptueux titre « Chroma Mera », il aura fallu attendre l’album complet pour se faire une idée plus précise de l’évolution choisie par les Dubaïotes pour cette nouvelle production. Le résultat : neuf pistes variant entre deux et douze minutes où s’enchaîne un metal progressif moderne et bien réalisé. La musique est effectivement apparentée aux références mentionnées plus haut. Pour autant, il s’en dégage une ambiance propre véhiculée par la voix de Nadim Jamal. Car c’est bien elle qui élève le groupe au-dessus de la masse informe du metal prog « courant ». Elle n’est pas sans rappeler le grand Mariusz Duda et ses exploits vocaux sur « Lunatic Soul ». Un petit quelque chose dans la musique le distingue pourtant des Polonais de Riverside : cette adéquation entre la voix et les ambiances, aux progressions certes simples, mais tellement efficaces qu’elles en hérissent les poils comme sur « Wade 2.0 » ou encore sur « The Fall ».

Le bât blesse en revanche lorsqu’on se penche sur la production signée Jens Bogren qui s’avère décevante. Autant les passages calmes sont particulièrement bien rendus, autant dès que les guitares saturées sont présentes, le son se transforme en bouillie. Certains argueront qu’il s’agit probablement d’une question de goût, mais l’exemple de « Chroma Mera » parle de lui-même. L’ambiance se met en place, s’installe, un peu inquiétante mais belle, et les guitares saturées viennent subitement tout ruiner avec leur son imprécis et gras. Il est aussi desservi par un jeu parfois un peu hasardeux, comme le démontre le solo de « Chroma Mera ». Le reste des instruments est, quant à lui, irréprochable. Les compositions restent simples, directes, efficaces.

Au final c’est un album en demi-teinte, mais au bilan plutôt positif. L’évolution depuis son prédécesseur est indéniable et il s’agit d’un grand pas en avant pour les Dubaïotes. Pour autant, on regrettera le son de guitare tellement brouillon qu’il en vient à gâcher l’écoute de certains morceaux. Il n’en demeure pas moins que le disque n’est pas à jeter, loin de là. Il s’agit d’une très bonne sortie, qui survivra bien à 2012 et qui laisse présager beaucoup de bonnes choses pour Absolace.