It Bites - Map of the Past

18/03/2012

Par Florent Canepa

Label: Inside Out

Site: www.itbites.com

It Bites est un groupe étonnant. Paradoxalement, il a connu les joies du grand public à l’aube de sa carrière avec des hymnes comme « Calling All Heroes ». Il faut dire qu’à cette époque, Tears for Fears et Huey Lewis donnaient les nouvelles. On écoutait avec entrain Asia qui déployait son savoir-faire et savait conquérir les foules. Plus confidentiel, comme une ombre du passé, la formation mouvante a fait un intéressant retour en 2008. Conservant son coeur, elle s’enrichit de nouveaux membres comme John Mitchell, heureux guitariste d’Arena et des admirables et plus contemporains Frost* (dont « The Big Machine » est assez proche). Ecouter It Bites, alors, avec le très réussi The Tall ships, c’était à nouveau connaître ce savant mélange de progressif et de rock FM, le tout avec deux morceaux de sucre, merci.

Map of the past, cohérent, est peut être encore plus tourné vers le passé. La voix de Mitchell caresse les routes empruntées par Peter Gabriel, le long de ce qui demeure une oeuvre nostalgique. Mais, même si le travers du rock pompier vient poser son spectre menaçant parfois, cela semble être toujours avec une bonne foi flamboyante. Toto moins percutant et plus rare, c’est peut-être à It Bites de reprendre aussi le flambeau des ballades consensuelles mais jouissives (« The Last escape »). Alors, les progressifs progressistes reprocheront l’abus d’autoroutes bien droites, de moments trop grandioses servis par des sons d’un autre âge (« Send no flower »). Il en ressort qu’il est difficile de ne pas éprouver une belle dose de sympathie à l’écoute de l’efficacité dans les refrains et de cette assurance dans des mises en place qui frappent au coeur.

C’est ce qu’on appelle de la musique généreuse. Parfois bonhomme, mais euphorique. Un Yes entre deux âges, un Spock’s Beard plus humble, un souffle de revanche et une place de choix dans ces colonnes. Réécoutez « Calling all heroes ». Tiens, on est quand même plus proche de Duran Duran. Et non, je n’ai rien contre Duran Duran, en plus.