The Skys - Colours of the Desert

29/02/2012

Par Dan Tordjman

Label: Cinderella Records

Site: www.theskys.com

On l’a dit et répété : ces dernières années la révolution musicale est venue en grande partie des pays de l’Est, avec en tête de file la Pologne et Riverside. Depuis, chez Chromatique, on a vu foultitude de groupes polonais (Grendel, Retrospective, Animations, …), arméniens (Dogma) et hongrois (Dreyelands). On peut y rajouter aujourd’hui la Lituanie. Autrefois connue pour ses basketteurs prometteurs capables de s’exporter en NBA, la province de l’ex-Union Soviétique possède aussi en son sein d’intéressantes formations musicales … dont fait partie The Skys.

Et pourtant, ce n’est pas une nouvelle venue puisque le groupe s’est formé en 1995. Depuis, il n’a pas chômé puisqu’il a sorti trois albums et a connu une certaine reconnaissance dans son pays via les passages radio de plusieurs de ses titres. De nombreux changements parmi les musiciens ont conduit à un hiatus de sept ans, avant de voir les Lituaniens revenir sur le devant de la scène.

Assez des présentations, venons-en à l’essentiel. Une fois de plus, The Skys fait partie de ceux qui pensent (parfois à raison) que les valeurs sûres ne s’usent jamais. On fait donc face, au fil de cet album concept, à des inconditionnels de Pink Floyd (post-Waters), Spock’s Beard, voire Marillion par moments. On pourrait même ajouter Alan Parsons Project période I, Robot (peut-être à cause de l’esprit « seventies ») qui vient hanter le disque de temps à autres. Autant dire que l’on expérimente des sommets d’intensité et d’émotion. Le hic, c’est que Colours of the Desert, c’est un peu les montagnes russes. On y trouve des perles comme le titre éponyme, « Lethal Kiss » « When The Western Wind Blows » et le pavé du disque « Walking Alone » dont les accents empruntés au Floyd nous empêchent d’en perdre une miette. Hélas, c’est bien trop peu pour tenir la distance, non pas que les autres titres soient foncièrement mauvais, mais ceux précédemment cités sont si forts en caractère, qu’ils donnent envie de les repasser.

N’allons pas trop vite en besogne cependant, ces « couleurs du désert » n’en sont pas moins agréables. Elles mériteraient cependant une meilleure production. Il est en effet dommage de voir une telle alchimie musicale desservie par un son un peu défaillant. Notons aussi la présence de nombreux invités prestigieux comme Dave Kilminster (Roger Waters), John Young (Fish) et Anne-Marie Helder (Mostly Autumn, Panic Room) qui donnent davantage de cachet à ce disque. Il contentera les amateurs de progressif à l’ancienne qui sont restés amoureux d’une musique mélodique et généreuse à la fois. Le potentiel est là, il faut l’exploiter et pas qu’à moitié.