Agents of Mercy - The Black Forest

09/02/2012

Par Jean-Philippe Haas

Label: Foxtrot Music

Site: www.agentsofmercy.com

La mise entre parenthèse de The Flower Kings par son mentor Roine Stolt n’est finalement qu’une vue de l’esprit puisque le style si patiemment développé par le guitariste suédois au fil des années quatre-vingt-dix et deux mille continue de vivre à un rythme quasi annuel depuis 2009 au travers d’Agents of Mercy. Des histoires mystérieuses, inquiétantes, voire horrifiques (comme la vie de la cruelle comtesse Élisabeth Báthory) constituent la trame de fond de ce troisième album.

Et comme aucun changement de cap n’était attendu, celui-ci n’a pas eu lieu. L’influence du Genesis de Gabriel reste prépondérante, voire flagrante (« The Black Forest ») malgré une approche un peu plus directe, qui écarte les trop longs développements instrumentaux. La basse de Jonas Reingold ronfle plus que jamais, sautille au point d’en être funky parfois. Nad Sylvan pousse toujours la chansonnette dans un registre qui offre des ressemblances remarquables avec un certain Fish. S’agissant du géant écossais, « A Quiet Little Town » est à rapprocher musicalement de l’époque Sunset On Empire /Raingods with Zippos, tandis que le hard rock prog à l’ancienne façon Deep Purple/Black Sabbath s’exprime à plein sur « Black Sunday » ou que Spock’s beard s’invite sur « Freak of Life ». Mais chassez le naturel… on retourne la plupart du temps au chaud dans sa combi bariolée aux couleurs des Flower Kings, à ceci près que la guitare à multiples facettes de Roine Stolt s’efface sous la luxuriance des claviers.

Agents of Mercy reste donc la version Listener ‘s Digest de son aîné, avec le pouvoir de séduction supérieur que cela implique. L’heure des doubles-albums fleuves éreintants serait-elle révolue ? The Black Forest démontre en tous les cas qu’on peut faire du concept et du classic prog sans devenir rasoir.