Vigg - Barren

04/12/2011

Par Maxime Delorme

Label: Autoproduction

Site: www.vigg.fr

Ces dernières années, l’avènement du Home Studio aura permis à beaucoup de musiciens de jouir de l’autoproduction, leur permettant de créer à moindre frais leur propre album. Et bien que quelques uns aient réussi à défrayer la chronique (comme le sublime Building an Empire de Demians) peu ont véritablement franchi le cap de la démo bien exécutée. Vigg, jeune guitariste parisien officiant dans feu Señor Madcap, nous propose Barren son premier disque autoproduit.

Verdict en demi-teinte tendant plutôt vers le bas. Les bonnes idées sont distillées le long des treize pistes de l’album. Malheureusement, Vigg n’étant « que » guitariste, la majorité des sons que l’on entend sont synthétiques. Premier point où le bât blesse. Car même si des prodiges tels que Devin Townsend, Meshuggah, ou encore Nicolas Chapel dans une moindre mesure, avaient réussi à donner un aspect réaliste à des boîtes à rythme (telles que le fameux Drumkit From Hell), ce n’est pas le cas de Vigg dont les sons synthétiques de batterie sont les premiers identifiables sur l’album. C’est d’autant plus dommage que sa programmation reste cependant soignée. Malheureusement, ce défaut majeur est aussi présent sur tous les instruments virtuels utilisés (cordes frottées et chœurs par exemple). Ce trop-plein d’artificialité devient très vite gênant pour l’oreille car il est doublé d’une production très lourde. Le son des guitares saturées et de la basse est particulièrement étouffé, faisant encore plus ressortir la caisse claire et les cymbales artificielles.

Côté compositions, l’auditeur ne sera pas en reste. Les morceaux sont tous très différents et révèlent la capacité de Vigg à se diversifier. Peut-être un peu trop. Des chœurs en latins (« Jura ») au chant indien (« Bharat Railways ») en passant par les sections de violons (« Utah Beach »), tous ces éléments nécessitent beaucoup de talent pour être alliés avec goût et sobriété sur un même disque. Malheureusement, dans notre cas, Barren est un album de metal-prog certes intéressant mais pas révolutionnaire. Très vite, ces sonorités différentes sonnent soit kitsch, soit mal maîtrisées. C’est le cas par exemple de l’accent oriental de « Bharat Railways » qui sombre dans une cacophonie difficilement écoutable à l’entrée de la voix.

Demi-teinte donc car il faudra attendre la dernière piste pour se voir offrir sur un plateau la meilleure surprise. Le morceau « Aythya Fuligula » mélange audacieusement les riffs de guitare du reste du CD avec des éléments électroniques. Cette dernière piste sauverait presque à elle seule l’album tellement elle surprend agréablement. En effet, cette fois-ci l’accent artificiel de la batterie est transformé en avantage sur le break où Vigg troque enfin le son trop lourd de ses guitares pour quelques passages ambiants bien sentis.