Wolverine - Communication Lost

22/11/2011

Par Dan Tordjman

Label: Candlelight Records

Site: www.wolverine-overdose.com

Entre Wolverine et Chromatique, c’est un long roman d’amitié, débuté il y a un peu plus de dix ans avec Fervent Dream. Pour des raisons encore obscures, leur précédent album ne nous était pas parvenu. Mais la ligne a été rétablie avec les Suédois et voici Communication Lost, cinq ans après Still. Un laps de temps assez long, dû en grande partie à des soucis familiaux rencontrés par Stefan Zell lors de la naissance de sa fille. Tout étant rentré dans l’ordre, les louveteaux devenus depuis longtemps des loups, pouvaient donc se mettre au travail.

Parmi nos lecteurs, les plus anciens se souviendront de notre chronique de 2003 concernant Cold Light of Monday, oeuvre délicieusement glauque sur laquelle le groupe des frères Zell faisait déjà un pas vers le côté obscur. Une démarche entamée il y a maintenant huit ans, pérennisée sur Still et sur ce nouvel album. Le côté fougueux et impétueux présent sur Fervent Dream et The Window Purpose semble avoir été remisé au placard. Les structures biscornues et tape à l’œil ne font plus partie du vocabulaire de Wolverine. Le groupe a décidé de broder des ambiances noires et glaciales de sérénité, de mélancolie et d’émotion.

Cette démarche, marquée toutefois par une couleur metal plus prononcée, n’est pas sans rappeler celle d’Anathema. Des titres comme « Embrace » et « What Remains », auraient très bien pu être écrits par les frères Cavanagh. C’est dire la qualité de ce nouveau disque. Pour autant, que les fans de guitares saturées se rassurent, ils seront comblés par les merveilles que sont « Into The Great Nothing » ou encore « Pulse » avec ses délicieux relents d’électro et son refrain terriblement accrocheur.

Le défi relevé par Wolverine après Still est-il donc réussi ? La réponse est oui, sans aucun doute. Tout au long du CD, Stefan Zell et ses acolytes se livrent un duel voix/instruments. Preuve en est le titre « Into The Great Nothing ». Les lignes de chant de Zell s’imbriquent parfaitement à la musique tissée par ses camarades. L’évidence est perceptible sur « In Memory of Me » ainsi que sur le titre éponyme, deux perles touchant à la perfection, où l’on peut percevoir le soin apporté à ces lignes chiadées au possible. Du vrai travail d’orfèvre appuyé par une production massive (souvenir du passé « Death » du groupe), démontrant que Wolverine cherche ainsi à évoluer et à constamment aller de l’avant ; démarche trop rare qu’il convient de saluer. Chapeau bas, messieurs, encore un joli coup de griffe ! Espérons simplement que nous n’aurons pas à patienter cinq ans avant de pouvoir nous délecter de votre prochaine production !