Karmakanic - In a Perfect World

02/11/2011

Par Wendy-Anne Milleret

Label: Inside Out

Site: www.reingoldmusic.com

Au fil du temps, son nom étrange devient plus doux à l’oreille tandis que ses allures de projet parallèle se dissipent pour de bon. Au moment de créer Karmakanic, le cerveau Jonas Reingold (basse) ainsi que le batteur Zoltan Czörsz incarnaient la filiation avec The Flower Kings. Mais l’alliance entre ce noyau rythmique et leurs complices laisse chacun apporter sa contribution à cette nouvelle fine fleur du rock progressif. In a perfect world impose Karmakanic comme une formation amenée à étoffer sa discographie.

Comme sur son album précédent (Who’s the boss in the factory) le quintette ouvre les vannes avec un titre fleuve : « 1969 ». La basse, ronde à souhait, et les claviers tourbillonnants s’emparent de l’espace pour porter ce morceau enjoué vers des sommets dignes de Yes ou de Spock’s Beard. Après ces quinze minutes délicates et lumineuses, les suédois peuvent passer fièrement aux friandises qui suivent.

Dans un monde parfait, on oscillerait sereinement entre candeur et solennité. C’est exactement ce que suggère Karmakanic qui glisse avec entrain vers un rock FM où le timbre nuancé de Goran Edman prend ses aises. Au service des chansons, le vocaliste se montre tour à tour accrocheur ou fragile, à la demande. La sobriété dont il fait preuve laisse passer l’émotion sur le superbe « The world is caving in » et son intro a capella. Les refrains et les chœurs n’en sont que plus mordants. L’ombre de Foreigner ou de Toto plane même quelques instants au-dessus de l’excellent « There’s nothing wrong with the world » ou du plus daté « Turn it up ».

Ce quatrième album se démarque de son prédécesseur en accentuant la couleur bluesy déjà présente par petites touches. Les sept titres qui possèdent chacun leur tonalité propre, étalent durant une heure surprises et bonne humeur. De l’humour et de l’audace il en fallait par ailleurs, pour glisser l’hybride salsa-métal « Can’t take it with you » au beau milieu du disque plutôt que dans les bonus tracks.

Dominé par les claviers de Lalle Larssen, In a perfect world tire à bon escient sur la corde nostalgique. Un disque immédiat qui alterne les envolées classieuses et le charme insouciant d’une virée le long des plages de la côte ouest… américaine plutôt que scandinave, merci…