Epysode - Obsessions

13/10/2011

Par Dan Tordjman

Label: AFM Records

Site: www.epysode.com

Quand Samuel Arkan, tête pensante de Virus IV, a annoncé son nouveau projet Epysode, nous avons été tenaillés par l’impatience. Nous ne nous y sommes pas trompés : Epysode, c’est caviar, fromage ET dessert !

Et pour cause, au delà de l’impressionnante liste d’invités, il s’agit ici d’un concept album progressif de haute volée articulé autour d’un profileur amené à faire face à des phénomènes paranormaux. Des scénarios de ce genre seraient plus l’apanage d’Arjen Lucassen. Cependant, le guitariste belge s’en sort plus qu’honorablement, ayant bien peaufiné son histoire et son fil conducteur. A la différence du géant batave, Obsessions est bien plus riche en guitare sept cordes que ne le sont les albums d’Ayreon et quand on connaît un peu Samuel et son passé, quoi de plus normal ? La testostérone guitaristique est présente, boostée par une section rythmique de rêve composée de Kristoffer Gildenlöw (le frère de l’autre), et Léo Margarit (batteur de Pain of Salvation). Ajoutons à cela le plaisir procuré par les interventions en solo de Christophe Godin (Mörglbl, Gno).

Il serait injuste de passer sous silence la prestation irréprochable des vocalistes présents surtout lorsque sont regroupés sur le même disque, Kelly Sundown Carpenter (révélé aux oreilles de tous avec Beyond Twilight), Oddleif Stensland (Communic), Magali Luyten (Beautiful Sin, Virus IV & Ayreon), Rick Altzi (At Vance) et Liselotte Hegt (Madame Kristoffer Gildenlöw). Chacun apporte sa patte et tout cela se complète assez bien : torturé pour KSC, angélique pour Hegt, viril pour Luyten et théâtral pour Stensland.

Obsessions est donc d’une couleur globale assez sombre. Cependant, quelques perles lumineuses aux refrains accrocheurs comme le titre éponyme de l’album ou encore « Invisible Nations » brillent dans l’obscurité. D’autres morceaux se détachent, surprenants : c’est le cas par exemple, de « The Other Side » avec son phrasé oriental et une ligne de basse pour le moins inhabituelle.

Vous l’aurez compris, Samuel Arkan a mis les petits plats dans les grands avec Obsessions et place d’emblée la barre très haut. Le sens du détail est perceptible à chaque seconde et l’on ne peut que saluer, une nouvelle fois, le perfectionnisme maladif du guitariste belge qui propose un projet très ambitieux. Gageons qu’il a de très fortes chances de faire mouche !