Pain of Salvation - Road Salt Two

18/09/2011

Par Maxime Delorme

Label: Inside Out

Site: www.painofsalvation.com

Suite et fin d’un road-trip initié en 2009 par la troupe de Gildenlöw. Rappelons les faits : Road Salt One était un album clairement nostalgique des années soixante-dix, et son successeur poursuit la voie déjà tracée : des guitares dignes des vieux Deep Purple et une section rythmique toujours très présente (notamment la basse, une fois de plus jouée par Gildenlöw lui-même). Pour autant le voyage continue et remonte progressivement la route de la modernité, intégrant au schéma initial divers éléments perturbateurs.

Chose étrange, alors qu’il s’agit d’une paire d’albums, ce second volet dispose d’une introduction qui lui est propre, annonçant le thème de la « route », que l’on peut percevoir comme un hommage à « Tomorrow Never Knows ». Cet album est construit sur cette base, jouant sans cesse de l’oscillation entre références et matière brute. Références à d’autres musiciens (« To the Shoreline » tendrait presque vers Ennio Morricone), mais aussi références à Pain Of Salvation lui-même, rappelant toujours que le premier volume n’est pas si loin (« 1979 » renvoie immédiatement à « Where It Hurts » par sa mélodie). Mais s’acharner à relever tous les clins d’oeil ne pourrait que desservir l’enregistrement, qui ne mérite en aucun cas d’être traité comme un plagiat ni même comme un « retour aux sources » en mal d’inspiration.

Car Road Salt Two est tellement plus que cela ! Les deux albums forment un véritable guide introductif à l’écoute de Pain of Salvation. Et même si, en poursuivant la route initiée par le premier, le groupe s’éloigne de plus en plus des carcans du progressif et de la complexité musicale, c’est pour mieux toucher l’âme de l’auditeur. Autant d’idées très différentes que de morceaux et pourtant tout reste extrêmement simple. Certains pourront reprocher au groupe de manger à tous les râteliers, d’autres admireront l’exécution brillante de différents styles sur un même disque.

Pourtant, l’album est loin d’être parfait. A trop vouloir être expérimental on peut parfois s’y perdre et les auditeurs francophones ne manqueront probablement pas de sourire sur la fin de « The Physics of Gridlock » chantée en français … et quel français ! De même l’orchestration un poil pompier des crédits de fin tend à ternir un tableau si bien commencé. Sans compter les critiques habituelles : l’extravagance de Gildenlöw au chant en fera railler plus d’un. Pour autant, ne soyons pas mauvais joueurs : Pain of Salvation a su une fois de plus sortir son épingle du jeu et proposer à nouveau un album différent des autres tout en évitant la stagnation de bon nombre de grands noms du progressif à l’heure actuelle !