Journey - Eclipse

22/06/2011

Par Pierre Graffin

Label: Frontiers Records

Site: www.journeymusic.com

Après le départ de leur deuxième chanteur, Steve Augeri, personne ne donnait cher de la peau de ce groupe longtemps incarné par la voix et la personnalité de Steve Perry. Pourtant, et contre toute attente, le phénix renait de ses cendres et c’est avec un illustre inconnu désormais au micro, Arnel Pineda, chanteur d’un cover band de…Journey (cela ne s’invente pas !) aux Philippines, que le groupe sortit le très réussi Revelation en 2008. Certains fans sont immédiatement conquis par le mimétisme de Pineda avec Perry et les compositions fleurant tant les grandes heures du groupe (un cocktail efficace de titres rock très accessibles et de ballades efficaces et calibrées) que l’album aurait pu très bien sortir tel quel il y a trente ans sans choquer personne. Même si d’autres jugent le chant de Pineda un peu trop maniéré et larmoyant, le Philippin met tout le monde d’accord sur ses dons d’interprète. Revelation est plutôt bien accueilli par le grand public et sonne comme une renaissance pour le groupe. L’essai est-il pour autant transformé trois ans plus tard ?

Premier constat, Eclipse gagne en profondeur et aspérités ce qu’il perd en immédiateté. « Je me suis battu pour que ce disque sonne plus rock », a déclaré Neal Schon. Mission accomplie, aucun doute là dessus : les ballades se font plus rares (« Tantra », « To Whom It May Concern ») mais également moins réussies, hélas. De plus, et c’est fâcheux, même si ce disque recèle quelques moments de bravoure (« City of Hope », « Edge of the Moment », « Chain of Love »…), ils sont un peu perdus dans un ensemble inégal, assez quelconque et globalement peu inspiré. Certes, la production est exemplaire et le son énorme (la rythmique, surtout !), ce qui est une petite prouesse de la part de Kevin Shirley qui a dû arbitrer les intérêts parfois divergents de ceux qui voulaient un album plus rock que les précédents et les autres, mais quand les compositions ne sont pas au rendez-vous, même le meilleur producteur du monde ne peut accomplir de miracles…

Au final, Journey fait toujours du Journey en 2011 et les fans ne pourront que s’en réjouir, mais force est de constater que malgré ses indéniables qualités de réalisation et d’interprétation (la guitare de Schon est toujours aussi magique), cet Eclipse ne marquera pas autant les esprits qu’un Escape, un Frontiers ou même un Revelation.