The Watch - Timeless

30/03/2011

Par Pierre Graffin

Label: Autoproduction

Site: www.thewatchmusic.net

Dans la famille « clone de Genesis », je voudrais celui qui en fait des tonnes au point de reproduire (singer ?) le jeu de scène de Peter Gabriel d’il y a quarante ans, en en faisant son fond de commerce, en plus. The Musical Box ? Bonne pioche. Dans la même famille, je voudrais celui qui tente de continuer là où son mentor s’est arrêté en 1974. The Watch ? Bonne pioche à nouveau !

Les Italiens égrènent en effet depuis une dizaine d’années des albums qui se suivent et se ressemblent. Une première écoute de ce groupe est bluffante et, n’ayons pas peur des mots, plutôt flatteuse, tant le mimétisme est impressionnant, si l’on fait toutefois abstraction d’un sentiment pas très agréable de s’être fait berner facilement et à bon compte ! Qu’en est-il de cette nouvelle livraison ? Les transalpins ne dérogent ni à la règle ni à une formule qui marche (ou pas) et, à grand renfort de Mellotron, de douze cordes et de flûte traversière, nous livrent un éternel clonage de Genesis, encore plus assumé cette fois puisque des titres entiers du groupe sont ici réinterprétés.

Quitte à plagier, autant y aller à coups de truelle et de ciment bien épais, ce qui est le cas ici, à la différence que ce sont des titres du Genesis de Trespass et antérieurs, largement considéré comme une version balbutiante du quintette britannique ! Nous avons donc droit à des versions de « Let Us Now Make Love » ou de « Stagnation » (copiées puis collées) et à une interprétation un peu énergique de « In The Wilderness », en même temps que sont distillées, çà et là, quelques mesures de ce morceau (l’introduction de « The Watch »). Passons rapidement sur les titres originaux, empesés et laborieux, qui n’ont pas plus d’intérêt que les cinq précédents albums du groupe réunis, à moins d’être un indécrottable nostalgique, coincé dans une sorte d’espace-temps parallèle depuis quarante ans.

Passé une sorte de curiosité un peu coupable sinon malsaine, The Watch ennuie profondément et Timeless, le très mal nommé (« intemporel » !), ne fait pas exception à la règle. On pourra certes louer l’authenticité, à défaut de l’originalité, de la démarche et le respect indéniable des musiciens (plutôt bons, en plus !) pour leur source d’inspiration, mais passé cela, ce groupe reste à Genesis ce que le Canada Dry est au whisky.