Perpetual (e)motion - Witness of Entropy

11/02/2011

Par Jean-Philippe Haas

Label: autoproduction

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Certains groupes forcent l’admiration ou suscitent l’incrédulité. Avec Perpetual (e)motion, on ne sait trop quelle posture adopter. On peut saluer la persévérance (l’obstination ?) des Français à vouloir évoluer, avec un train et quelques wagons de retard, dans un style qui a connu les balbutiements, la gloire puis l’obsolescence. Plus simplement, on peut s’interroger sur les motivations qui poussent des musiciens à s’engager dans cette voie sans issue.

A l’image d’une myriade de groupes italiens dans les années quatre-vingt-dix, cette formation donne dans le metal progressif à l’ancienne, traumatisé par Dream Theater. Dès lors, il ne faut guère s’attendre à une révolution musicale , et malgré un souci évident de la mélodie, Witness of Entropy consiste plutôt en une succession de plans plus ou moins éculés, de structures maintes fois entendues dans ce registre.

Le chant féminin n’apporte rien, bien au contraire, car si les collègues de Carole Gelbard évoluant dans Whyzdom ou Syrens Call font valoir d’appréciables atouts, elle-même ne dispose pas de la même maîtrise vocale. Si l’on ajoute à cela les défauts sonores inhérents à de nombreuses auto-productions désargentées, comme la ténuité des guitares ou un mixage maladroit, on obtient un disque dont les limites sont évidentes.

« Il n’y a réellement aucun avenir à jouer ce genre de musique aujourd’hui » a-t-on simplement envie de dire à ces artistes qui auraient sûrement d’autres perspectives s’ils mettaient leur talent au service d’un genre moins souffreteux.