Half Past Four - Rabbit in the Vestibule

03/02/2011

Par Fanny Layani

Label: autoproduction

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16h30, c’est l’heure du goûter ! C’est aussi l’heure à laquelle ce groupe canadien a décidé un beau jour de cesser de chercher un nom. Après tout, on a vu plus absurde, un peu de dérision ne nuit pas. Rabbit in the Vestibule, le premier album de cette formation de Toronto, pose les bases d’un style personnel, mais qui demande encore à mûrir.

La chanteuse Kyree Vibrant joue un rôle manifestement majeur dans cette formation, et si son engagement et sa théâtralité sont appréciables, les inflexions maniérées de sa voix peuvent lasser. Le chant n’est d’ailleurs pas le seul à souffrir d’un aspect très connoté. En effet, le son d’ensemble, bien aidé en cela par une production typée et d’une qualité inégale, renvoie immédiatement au rock progressif américain du début des années quatre-vingt-dix, rappelant Echolyn, Magenta et autres seconds couteaux tels que Tiles ou Lana Lane, alors que les influences revendiquées vont s’enraciner vingt ans plus tôt. Des King Crimson, Frank Zappa et Jethro Tull invoqués, on ne trouve pourtant que d’infimes traces.

Il reste en revanche un détail plus gênant : au bout de trois ou quatre titres, l’auditeur sombre dans le ventre mou du disque, et seuls « Dwayne » (sorte de comédie musicale amusante qui intègre rythmiques ska et… aboiements) et « Rabbit » parviennent à réveiller l’attention. Malgré tout, il faut reconnaître qu’en dehors du chant masculin trop fragile sur « Biel », rien n’est à proprement parler désagréable ou raté.

Ainsi l’ensemble s’avère plutôt bien interprété et foisonne d’idées et d’un sens de l’humour certain. Mais une certaine maturité fait encore défaut à ce sympathique groupe qui, pour faire véritablement ses preuves, gagnerait à se dégager de sa gangue d’influences, à mieux faire le tri de ses idées et à travailler la construction de ses compositions avec plus d’exigence.