Perihellium - The War Machines

26/01/2011

Par Nicolas Soulat

Label: autoproduction

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Pendant que le metal progressif semble emprunter de jeunes et nouvelles voies pleines d’espoirs et de surprises, de vaillants guerriers tiennent la dragée haute à toute cette nouvelle scène djent placée sous l’égide de Devin Townsend, en perpétuant des traditions loin d’être vieilles, mais malheureusement déjà dépassées. Les traces éternelles laissées par Dream Theater et autres Vanden Plas, aujourd’hui plus proches du fossile que de la matière première, sont de fait très difficilement exploitables pour le quidam souhaitant rendre honneur à ce patrimoine gigantesque mais sans un minimum de personnalité.

Les Polonais de Perihellium sont pourtant bien décidés à utiliser toutes les recettes du genre, quitte à tomber dans les pièges les plus simples. Sans parler de plagiat tant le style fait désormais figure de standard, entre l’utilisation des claviers façon Kevin Moore et les guitares qui semblent être prises dans une toile redondante de rythmiques entêtantes et décousues, il semble réellement difficile pour ce groupe de s’affranchir de tout cet héritage, allant même jusqu’à emprunter les sonorités typiques de Jordan Rudess.

Les suites harmoniques et les thèmes, sans aucun rebondissement non plus, endorment le propos dans une redite presque énervante, disqualifiant l’effort dès les premiers titres. Pourtant les compositions sont bien exécutées, dirigées par une production très propre et une mise en place sans failles. Si ce savoir faire indéniable pouvait maintenant se tourner vers des horizons plus personnels et couillus, la sphère progressive et metal aurait alors tôt fait de s’écrier « banco ! » d’une voix unanime. Vu le talent potentiel, vivement !