Intronaut - Valley of Smoke

17/01/2011

Par Christophe Manhès

Label: Century Media

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Tudieu ! Comment ont-ils fait pour serrer autant d’influences dans un espace aussi confiné ? Sludge metal, post-rock, stoner comme rock progressif se pressent devant les oreilles interloquées. Ainsi surgit le souffle lourd de Black Sabbath et de Kyuss au milieu de pulsions contrastées de Slint, Mastodon, Oceansize ou Russian Circles. Et la liste n’est pas exhaustive. Heureusement, cette dangereuse inclination ne fait pas passer la musique d’Intronaut pour un gourbi sans style.

Valley of Smoke est habillé d’une splendide pochette signée David D’Andrea — déjà auteur de remarquables travaux pour Ulver et Agalloch — qui, en plus de donner à cette musique un a priori positif, en reflète fidèlement le contenu aussi moderne que mélancolique. Mais le plus marquant à propos de ce troisième album reste la qualité de jeu du batteur Danny Walker, qui à lui seul tire cette musique vers le haut. Sobre et hyperactif à la fois, il fait preuve d’une finesse jazzy et d’une efficacité metal qui rendent passionnantes de bout en bout les circonvolutions d’Intronaut en l’enrichissant d’une dimension rythmique inégalée dans ce genre de production.

De ce point de vue, le titre éponyme est un véritable tour de force. Sans son diable de batteur, Intronaut aurait peut-être du mal à convaincre les plus exigeants, car la voix est limitée et les guitares peinent dans l’inspiration. De plus, il manque trop de fulgurance à Smoke in the Valley pour être incontournable. Il reste néanmoins un très bon album qui grâce à son appétit pour les ambiances contrastées et à l’horizon large et onirique qu’il dégage, offre des plaisirs généreux. Le groupe préserve son caractère et ne cesse de progresser d’album en album dans une voie toujours plus ambitieuse et personnelle.