Control Denied - The Fragile Art of Existence

15/12/2010

Par Fanny Layani

Label: Relapse Records

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Il y aura dix ans le 13 décembre 2011, Chuck Schuldiner rendait son dernier soupir, laissant hébétés des hordes d’amateurs de death metal technique et exigeant. Le sentiment de révolte était d’autant plus grand que le leader de Death était jeune, intelligent et flamboyant, et que la récidive fatale de sa tumeur aurait sans doute pu guérir si sa famille avait été en mesure de payer les soins, ce qui s’avéra impossible malgré un immense mouvement de solidarité dans toute la communauté du metal.

Avec un an d’avance sur ce macabre anniversaire, l’unique réel album de Control Denied, projet parallèle heavy et mélodique tirant vers le metal progressif est réédité en format double CD, et on ne peut qu’être frappé par son titre prémonitoire The Fragile Art of Existence. Cet disque, conçu par Chuck Schuldiner comme un hommage à la musique qu’il aimait depuis son enfance (Watchtower en premier lieu), respire pourtant la vie, au-delà des déferlantes de notes et de la gifle technique qu’il inflige.

Les titres sont identiques à la version originale, dont les excellents « Expect the Unexpected » et « What If …? ». Le guitariste y retrouve avec bonheur son ancien complice de Death, le bassiste Steve DiGiorgio (qui l’accompagnait sur Human et Individual Thought Patterns), dont le jeu virevoltant reste primordial dans la qualité d’ensemble. A ces huit morceaux dont l’histoire a déjà scellé le sort viennent s’ajouter les versions démo de sept des huit titres (dont deux versions de « Breaking the Broken » avec Chuck Schuldiner au chant), enregistrées entre 1996 et 1999, ainsi qu’un titre supplémentaire, « Tune of Evil », enregistré par le guitariste seul.

L’intérêt du second disque vaut plus par intérêt historique que musical, voire ludique si la fantaisie nous prend de jouer au jeu des comparaisons entre les versions. La réédition de cet album, dernier témoignage studio de ce que fut la musique de Chuck Schuldiner, devrait être suivie de la sortie dans le courant de l’année 2011 de When Man and Machine Collide, successeur de The Fragile Art of Existence, que Chuck avait quasiment terminé d’enregistrer au moment de son décès, et qui fut, depuis, achevé par ses camarades de l’époque.