High Watt Electrocutions - The Bermuda Triangle

06/12/2010

Par Florent Simon

Label: Introspection Records

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Tout droit venu de Winnipeg au Canada, Ryan Sette (aussi appelé Ryan Electrocution) se cache derrière le patronyme High Watt Electrocutions. Il écrit, joue et produit l’intégralité de ce troisième album. Déjà auteur de deux albums (2007 et 2008) au style rock-metal sombre, le Canadien propose cette fois-ci un mélange inédit de musique psychédélique et aérienne, au long d’une seule et unique plage instrumentale de trente-neuf minutes, subdivisée en une quinzaine de scénettes musicales aux passages palpitants rappelant les productions des années soixante-dix.

L’ambiance balance principalement entre joie et mélancolie, et se veut être une métaphore sonore du célèbre lieu maudit du même nom. Certaines parties plus sombres et languissantes se rapprochent de l’esprit des premiers albums. Proche de Pink Floyd, de Pulsar, mais également de Love, ce n’est pourtant pas à un ouragan dévastateur sous une pluie de guitares saturées auquel il faut s’attendre à travers cette œuvre ambitieuse.

The Bermuda Triangle se caractérise davantage par son homogénéité, mais souffre du coup d’un manque de relief. Tantôt ciel ensoleillé et serein, tantôt océan trouble à l’issue introuvable, chaque tableau se dévoile par un phrasé simple, sans complexité rythmique ni surcharge mélodique. Ainsi le charme opère la plupart du temps, sans pour autant contenter sur la durée.

Si la longueur de quelques passages pousse le compositeur à se répéter, l’enchainement parfois brouillon entre certaines idées dénote une composition aléatoire. Ces failles temporelles affaiblissent quelque peu un travail qui peut parfois révéler toutes ses qualités. Cette musique narrative, qui laisse à l’auditeur le soin d’imaginer le scénario plutôt que d’imposer une histoire, fera perdre avec plaisir l’orientation des mélomanes qui souhaitent en pénétrer les arcanes.